Une « démocratie exemplaire ».

Il faut lui laisser cela : l’extrême-droite israélienne a de la suite dans les idées*. La démocratie la gêne, elle fait donc tout ce qu’elle peut pour s’en débarrasser. Pas à pas bien sûr. Rome n’a pas été construite en un jour ni Jérusalem détruite en deux.

Lentement, avec la complicité du Likoud, l’extrême-droite israélienne va son chemin. Sa cible du moment, c’est la vieille ennemie de tout pouvoir autoritaire : la presse. Elle a ainsi fait passer en première lecture (il en faut trois) à la Knesset un de ses projets de loi favoris

Celui-ci prévoit de quintupler les dommages intérêts que devrait verser un media à une personne qui s’estimerait diffamée. « Estimer » est le mot exact : la personne concernée ne doit même pas apporter la preuve qu’elle a subi un dommage…

Mais il n’y a pas de quoi s’en faire, à expliqué le Premier Ministre -après avoir imposé la discipline de vote à son parti, le Likoud : «  tant que je serai Premier ministre, Israël restera une démocratie exemplaire ». Voilà qui est certainement  rassurant.

Il n’est pas davantage nécessaire de se préoccuper à propos de cet autre projet de loi voté en première lecture et qui tend à modifier la procédure de nomination des juges de la Cour Suprême.

L’idée est juste que celle-ci cesse de freiner, comme cela lui arrive,  la poursuite de la colonisation en Cisjordanie lorsque les colons contreviennent à la législation israélienne. Rien qui empêche une démocratie d’être exemplaire.

Dans la foulée, les « durs » du Likoud se sont aussi fait un petit plaisir. Ils ont contraint la radio All for Peace à se taire. Celle-ci, qui émettait en hébreu et en arabe, avait pris la succession de la célèbre Kol haShalom du militant pacifiste Abie Nathan.

Elle fonctionnait depuis 7 ans lorsque les autorités israéliennes ont découvert qu’elle était illégale. La loi étant la loi et nul n’y étant plus attaché que les députés du Likoud, ils ont donc exigé qu’elle cesse ses activités.

Des esprits mesquins pourraient faire remarquer que la radio émettait depuis Ramallah, en territoire palestinien et avec l’accord de l’Autorité palestinienne. Mais si la loi palestinienne avait une quelconque légalité en Cisjordanie, cela se saurait, depuis le temps.

Pour être complet, il faut ajouter que M. Netanyahou vient de reporter l’examen des projets de lois de l’extrême-droite sur la limitation des financements étrangers aux ONG israéliennes bien qu’il les ait approuvées quelques jours auparavant.

Mais ces brillantes idées risquaient d’être « retoquées » comme  anticonstitutionnelles. En plus, comme l’ont fait savoir nombre de diplomates étrangers, elles auraient gravement entaché l’image d’Israël aux yeux des autres pays démocratiques.

C’était cher payé juste pour faire plaisir à quelques « durs » du Likoud qui ne rêvent que de prendre la place de l’actuel Premier Ministre. Deux petits échecs donc dans la résistible marche en avant de l’extrême droite.

Cela arrive, surtout dans une démocratie aussi exemplaire que celle de Benjamin Netanyahou

*http://www.cclj.be/article/2/2468

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