Le témoignage de Théo Klein

 Théo Klein a présidé pendant de nombreuses années le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Ancien résistant et homme de dialogue, il a mené de nombreux combats aux côtés de David Susskind.

Chers amis,

La tristesse est grande de voir disparaître ceux qui nous ont accompagné dans la vie et qui nous ont parfois guidés par leurs initiatives et leurs propos.  Mais il nous faut accepter cette règle profondément humaine qui nous fait naître par la volonté de nos parents et disparaître dans la fatalité de l’âge, de la maladie, d’une guerre ou d’un accident.

C’est lorsqu’ils partent que nos amis prennent brusquement la dimension de leur présence passée.  Nous avions toujours plaisir à les rencontrer, parfois quelques difficultés à les comprendre mais souvent aussi la joie de pouvoir à la fois les admirer et les approuver. Ils nous étaient nécessaires et les voilà absents. Ils accompagnaient notre chemin et, brusquement, nous constatons que nous marchons de plus en plus seuls, isolés dans le brouhaha et le dynamisme des générations nouvelles, parfois dans leur respect mais souvent dans leur incompréhension.

David était un monument. Il reste dans ma mémoire comme tel, solide dans ses convictions, ardent dans ses batailles et toujours généreux dans ses relations humaines. On pouvait l’approuver, le désapprouver, mais toujours on le respectait parce qu’il avait justement cette dimension rare d’un homme complet, total, animé d’une volonté souvent farouche, soucieux des autres même dans la détestation qu’il pouvait avoir de leurs idées.

Les hommes, il y en a toujours eu, il y en aura encore. Parmi eux, il y aura eu David qui restera dans ma mémoire jusqu’à ma propre disparition.

]]>