9 millions d’Israéliens (trop) fichés ?

En Israël, comme dans tous les pays modernes, les banques de données numériques sont devenues incontournables. Et pourquoi pas ? Elles sont protégées, défendues, sécurisées. Le souci, ce sont les gens qui les gèrent.

Non, non, ne bondissez pas sur votre clavier afin d’envoyer un mail rectificatif  autant que vengeur. Ce titre ne contient pas d’erreur : il y a bel et bien 9 millions d’Israéliens… si on y inclut les morts. Ce qui est le cas du fichier qui recense la population de l’Etat juif.

Une banque de données très complète : on y trouve toutes les informations nécessaires aux administrations depuis votre adresse jusqu’au nom de vos grands-parents en passant par vos n° de compte en banque et de GSM.

Rien de plus normal. Et rien de plus protégé que ces informations si  personnelles. Sauf qu’elles sont toutes sur le Net. Et non, ce n’est pas un « hacker » antisioniste et/ou antisémite qui a fait le coup.

Le voleur (présumé) se nomme Shalom Bilik et c’est un employé du Ministère des Affaires sociales. Il a juste copié les données…  Et puis, vous savez (peut-être) comment cela se passe : elles sont arrivées chez un ami d’ami qui s’est dit qu’il y avait de l’argent à se faire.

Il les a donc vendues à une entreprise qui commercialise les fichiers-clients. Laquelle en a fait un logiciel qu’elle a vendu sur le Net. Lequel, justice immanente, a été illico piraté et s’est retrouvé disponible pour qui en voulait.

Tout cela est fort distrayant, mais amuse médiocrement les autorités. C’est que, outre les vôtres, il y avait aussi là dedans les données personnelles des membres des services secrets qui préfèrent le rester. Et, de toute façon, qui a envie que son numéro de compte se promène sur le web ?

Après une longue enquête, la police a arrêté tous les membres de la filière. Et découvert, au passage, que d’autres bases de données avaient été volées : une concernant les enfants adoptés, une autre portant sur les données électorales et deux relatives à la sécurité nationale.

Du coup, le ministre (Likoud) de l’Amélioration des Services publics, Michael Eitan, a appelé à l’abandon du projet de base de données biométriques que vient de lancer le gouvernement.

Certes, moderniser passeports et cartes d’identité est une très bonne idée, a-t-il déclaré en substance, mais qui peut assurer qu’un autre employé mécontent ne va pas diffuser nos empreintes digitales et photographies numérisées sur Internet ?

Le ministre accuse même le gouvernement de fabriquer une « bombe à retardement : une fuite de données biométriques pourrait causer des dommages qui prendraient des décennies à être réparés ».

Tiens, qu’en est-il en Belgique où les cartes d’identité sont électroniques depuis 2009 ? Vous serez certainement heureux d’apprendre qu’elles contiennent, de façon visible ou dans leurs puces, un nombre impressionnant de vos données personnelles.

Mais il n’y a absolument aucune raison de s’inquiéter : les fichiers de ces données sont tout ce qu’il y a de plus sécurisés. Et bien sûr, chez nous, les fonctionnaires sont si heureux qu’ils ne songeraient jamais à pirater le système…

*http://www.haaretz.com/print-edition/news/population-database-hacked-in-…

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