L’approche de l’hiver est souvent un moment délicat pour les personnes les plus précarisées, déjà victimes de la crise économique, dans notre communauté comme ailleurs. Si le Service social juif ne connaît pas d’intensification particulière de ses activités, d’autres services d’aide communautaires fonctionnent en revanche à plein régime.
Fondée en 1936, l’association Beth Lechem (littéralement « la maison du pain ») vient en aide aux membres les plus démunis de la communauté juive, à qui elle distribue des chèques alimentaires d’une valeur de 14 euros. Une action discrète, « bien entendu » renforcée au seuil de l’hiver et à l’approche des fêtes de fin d’année. « Pendant la saison hivernale, on augmente le nombre de chèques alimentaires distribués aux pauvres, aux malades, et aux personnes âgées », confirme Serge Haberman, le président de l’association.
De son côté, le Service social juif ne prévoit aucun renforcement particulier de ses activités à l’approche de l’hiver, ni de Hanoucca. « C’est plutôt à Pessah ou aux fêtes de Tichri qu’il faut ouvrir des portes aux personnes pauvres ou isolées… Mais les synagogues s’en chargent en général elles-mêmes », témoigne Daniel Berman, le président du Service social juif. « Au contraire, beaucoup de travailleurs prennent leurs congés au moment des fêtes de fin d’année, et le service tourne un peu au ralenti pendant cette période. Même si une permanence reste bien sûr ouverte », s’empresse-t-il d’ajouter. Daniel Berman rappelle que « le Service social juif est certes un service de première ligne, mais pas un service d’aide au logement. On travaille plutôt sur la guidance, on fait de l’aide sociale ou psychologique sur le long terme. Les personnes que nous aidons savent qu’en cas d’extrême urgence, il y a d’autres endroits où elles peuvent s’adresser en priorité ».
Et urgence, il y a. D’après Serge Haberman, plusieurs dizaines de familles et de personnes isolées bénéficient aujourd’hui de l’aide alimentaire fournie par Beth Lechem. Si ces Juifs en situation de précarité doivent faire face chaque hiver à la baisse des températures, le froid n’est pas leur seul ennemi. « Avec la crise économique que l’on connaît actuellement, Beth Lechem a enregistré une très forte augmentation des demandes d’aide, de l’ordre de 10% en seulement quelques mois », explique encore Serge Haberman.
Grâce aux dons reçus et à des frais de fonctionnement quasiment nuls, l’association a jusqu’à présent pu répondre à toutes les sollicitations. Mais son président exprime des craintes pour l’avenir. « Sur le plan économique, la communauté juive suit exactement les mêmes courbes que le reste de la population belge, à savoir la paupérisation de la classe moyenne ». Loin des clichés sur l’opulence de la communauté juive, la solidarité est donc plus que jamais de mise.
Plus d’infos : Beth Lechem 02/640.15.59
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