The Loners, c’est le titre anglais sous lequel le public bruxellois peut découvrir le film israélien Ha’bodedim, primé au festival Open Doek à Turnhout. Ce second long métrage de Renen Schorr, à l’affiche à Flagey jusqu’à la mi-janvier 2012, raconte l’histoire vraie de deux immigrants d’origine russe, exclus de Tsahal pour avoir vendu des armes au Hamas. Derrière les barreaux d’une prison militaire, ils clament désespérément leur innocence.
Combattants au sein des forces de défense israéliennes sur les hauteurs du Golan, Sacha (Anton Ostrovski-Klin) et Glory(Sasha Agronov) sont ce qu’on appelle des « loners » : des soldats ayant immigré seuls et n’ayant aucune famille en Israël. Leur origine russe et leur langue maternelle commune cimentent une amitié que ni leurs tempéraments pourtant opposés ni la future promotion de Sacha au rang d’officier ne paraissent pouvoir ébranler.
Amitié, loyauté et trahison
Jusqu’au jour où tous deux sont arrêtés et conduits devant l’état-major de Tsahal pour interrogatoire. Tout porte à croire qu’ils ont détourné des armes et des munitions utilisées par le Hamas pour perpétrer un attentat meurtrier à Hadera. Sacha et Glory protestent de leur bonne foi, mais ne parviennent à convaincre le tribunal militaire. A l’issue d’un procès expéditif, ils sont reconnus coupables de trahison et envoyés dans un établissement pénitentiaire géré par Tsahal. Malgré la rudesse des conditions de détention, l’hostilité manifeste des autres détenus et les brimades des gardiens, les deux soldats refusent le déshonneur d’être transférés dans une prison civile. Désespérément, ils clament leur innocence et leur loyauté, et demandent en vain la révision de leur procès. Lorsque celle-ci est refusée et qu’ils apprennent leur désengagement des forces de Tsahal, Glory et Sacha vont tenter le tout pour le tout…
Un événement sans précédent
Basé sur des faits réels, The Loners raconte comment une prison militaire du nord d’Israël a été en 1997 le théâtre d’une mutinerie sans précédent. On l’aura compris, l’intérêt du film réside moins dans son issue, connue à l’avance, que dans l’intimité qu’il aura su créer afin d’immerger les spectateurs dans l’atmosphère militaire et carcérale qu’il décrit. A ce niveau, le pari semble réussi; et les différentes ambiances sont palpables même pour qui n’a jamais mis un pied en Israël, en prison ou à l’armée.
Finement travaillée, la psychologie des personnages met en relief les traits de caractère qui donnent à chaque protagoniste de ce huis clos une identité propre. On regrette que le jeu des acteurs ne lui rende pas plus hommage, quoi qu’ait pu en penser le jury du festival du film de Sderot en récompensant Sacha Agronov pour son rôle de Glory. Au final, il en va sans doute de l’ensemble du film comme de la prestation des acteurs : ce n’est pas mauvais, sans être remarquable. On reste sur sa faim, avec la sensation que The Loners aurait pu être un bien meilleur film que ce qu’il n’est. Dommage.
A voir jusqu’au 15 janvier 2012, au Studio 5 Flagey, place Sainte Croix, 1050 Ixelles (située à droite de l’entrée principale)
Call center : 02/641.10.20
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