Il y a des dépêches qui vous gâchent les fêtes. Celle-ci, par exemple : un tiers des Juifs new-yorkais vivent sous le seuil de pauvreté. Et s’il n’y avait qu’eux…
Là, on parle des Juifs, mais on pourrait en dire tout autant des Jaunes, des Noirs, des Blancs, des métis. Et donc, voilà le « Met Council » qui se plaint. C’est qui ceux-là ? Le « Met Council » est l’équivalent juif des « Restos du cœur » à New York.
Tiens donc. Mais qui dit « Restos » dit « démunis à aider ». Il y aurait donc des Juifs pauvres ? Est-ce que les antisémites seraient des menteurs par hasard ? Oh, pas plus que les autres racistes. Pas moins non plus, d’ailleurs.
Et donc des Juifs. Pauvres. Notez bien qu’il y en a toujours eu, des Juifs pauvres, et partout. Même chez nous*. Mais là, ça se passe dans la « Grosse Pomme ». A New York. Là où vit la plus grande communauté juive du monde, après Israël.
New York, le point d’arrivée de tant d’immigrants fuyant les antisémites menteurs d’Europe de l’Est. New York, le point de départ d’une novelle vie dans la « goldènè mèdinè » (le « pays doré » en yiddish). Oui, cette New York là.
Et de quoi se plaint-il, ce « Met Council ». En gros (hum…) de ce que, avant même la grande récession de 2008, plus d’un tiers des Juifs de New York ne mangeaient pas à leur faim. Soit 300.000 personnes, tout de même.
Et qu’à présent, ils sont rejoints par un nombre croissant de gens de la classe moyenne. Il dit aussi, le « Met Council » que la crise escalade à toute allure l’échelle sociale pour frapper de plus en plus haut. Sauf ceux qui sont tout en haut, bien entendu, ceux là se sortent toujours de tout.
Bah, se dit-on. On connaît les Américains. Avec leur optimisme, leur confiance en eux et en Dieu, quand ils tombent, ils finissent toujours par se relever et à s’en sortir à la fin. Ils sont comme ça, les Américains. Dans tous les films. Américains.
Sauf que là, marmonne encore le « Met Council », si le ralentissement de l’économie persiste, les effets à long terme seront désastreux : ceux qui ont perdu leurs emplois, Juifs ou non, risquent de rester pour de bon sur le carreau, même au cinéma.
Rien que pour les six premiers mois de 2011, les « Restos du cœur » juifs ont noté une augmentation de 15% des familles demandant de l’aide. Pour la plupart, c’était la 1ère fois qu’elles en étaient réduites à se tourner vers les organisations communautaires.
N’allez pas croire que le phénomène se limite à New York. De l’autre côté du pays, dans la région de San Francisco, où réside aussi une importante communauté, c’est entre un quart et un tiers des Juifs qui sollicitent de l’aide.
Et on se doute qu’entre les deux côtes, le constat ne doit pas être meilleur. Oui, on sait, c’est l’ensemble de la population des Etats-Unis qui est touchée, on l’a dit au début. Et c’est une consolation, ça ?
Tout de même, New York… Ca fait un choc. New York, la ville de tous les rêves, de toutes les réussites. La ville de Simon et Garfunkel, de George Gershwin, de Scarlett Johansson, de Jerry Seinfeld, de Woody Allen, de…
Et ce ne serait plus qu’une mégalopole désespérée, emplie de crève-la faim ? New York, New York, the city that doesn’t sleep… Si je peux réussir là, je le ferai n’importe où… Reviens, Lisa Minnelli, please, reviens…
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