Les partis politiques, Israël et les Juifs

Tiens, revoilà le vieil amalgame entre critique du gouvernement israélien, antisionisme et antisémitisme. Ils ne se renouvellent pas beaucoup, à droite…

Comme on s’en souvient, le 15 de ce mois, environ 120 militants pro-Palestiniens ont été bloqués à l’aéroport de Zaventem avant qu’ils ne s’embarquent pour Israël. Cela a incité deux députés, un PS et une Ecolo, à interpeller le gouvernement.

Cela a aussi amené quelques donneurs de leçons de notre communauté à s’en prendre à nous sur le thème : le CCLJ, inféodé au PS, ne dit rien quand ce parti antisioniste défend des mouvements antisémites.

Déjà, tant nos membres que notre Conseil d’Administration se répartissent sur l’ensemble de l’échiquier politique, avec, à ce qu’on en sait, une préférence pour le MR ou le PS. Mais, même si nous étions tous électeurs d’un seul de ces partis, où serait le problème ? En quoi serait-ce déshonorant ?

Ah mais, c’est que le PS (et Ecolo encore bien davantage) sont des partis antisionistes et donc antisémites. Selon la très réduite vision du monde d’une certaine droite juive, s’entend. Sauf que c’est parfaitement inexact : aucun parti démocratique belge n’est antisioniste.

Ou alors c’est que ce mot a perdu son sens « qui est opposé au sionisme et à l’existence de l’Etat d’Israël ». Et ils sont encore moins antisémites (« hostiles aux Juifs »). Ce qui est exact, c’est que tous, à des degrés divers, désapprouvent la politique du gouvernement israélien actuel.  

Comme une majorité de nos concitoyens. Comme une majorité de gens, de partis et de pays de par le monde. Pas par antisionisme ni par antisémitisme. Parce que la stratégie de  M. Netanyahou est mauvaise et dangereuse. Pour la région comme pour son propre pays.

Certes, certains partis, comme le MR chez nous, sont plus lents à exprimer leur désaccord que Ecolo, mettons. Un retard qui ne vaut certainement pas quitus. A part l’extrême droite -et encore-, personne ne soutient la colonisation de la Cisjordanie.

Il n’y a pas plus d’antisionisme là-dedans qu’il n’y avait de volonté de détruire la France chez ceux qui critiquaient sa guerre d’Algérie. Et encore moins d’antisémitisme.

Pour conclure, quelques extraits de la réponse du Gouvernement. On voudra bien noter que, bien qu’ils aient été tenus par le très libéral M. Dider Reynders, nous sommes en accord avec eux :

« En droit international, il appartient à chaque gouvernement, de manière discrétionnaire, d’autoriser ou non l’accès à son territoire. L’Etat d’Israël peut refuser, de sa propre initiative, des voyageurs à l’aéroport de Tel-Aviv.

Dans le cas qui nous occupe, Israël a informé des compagnies aériennes de son intention de refuser l’accès à son territoire d’un certain nombre de voyageurs internationaux. (…)

Brussels Airlines, comme d’autres compagnies dans d’autres pays, a, conformément à la réglementation européenne en matière de trafic aérien, refusé aux passagers de monter à bord.

Si Brussels Airlines n’avait pas agi de la sorte, la compagnie aurait dû directement assurer, à ses frais, le voyage de retour de ces passagers vers la Belgique. Le gouvernement belge n’a pas été impliqué dans cette affaire et les Affaires étrangères n’ont pas été approchées par le gouvernement israélien.

 n ce qui concerne la protection consulaire, mon cabinet et l’administration Affaires étrangères sont, bien entendu, en contact avec certains membres du groupe « Bienvenue en Palestine ».

Nous avons toujours mis ces personnes en garde vis-à-vis du risque qui pouvait survenir à l’aéroport de Tel-Aviv si leur accès au territoire israélien leur était refusé. Nous avons ajouté que l’ambassade belge en Israël se tiendrait évidemment prête à les aider en cas d’arrestation à Tel-Aviv ».

Notre Ministre des Affaires Etrangères a aussi défendu le vote favorable de la Belgique sur la création par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU d’une commission d’enquête sur les conséquences de la colonisation. 

Une position que nous avons clairement condamnée. Non parce qu’elle émanait de M. Reynders. Parce que, à l’inverse de ce qu’il affirme, elle n’est pas en accord avec la majorité des pays européens.

Et surtout parce que la création de cette commission est le fait d’une organisation qui est, elle, clairement antisioniste et critique quasi exclusivement Israël. Bien sûr, tout cela doit être un peu difficile à comprendre pour des adeptes des amalgames et des simplifications abusives…

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