Le comité BDS reconnu comme cercle à l’ULB

Le comité BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) appelant au boycott politique, économique, académique et culturel d’Israël a été reconnu comme cercle étudiant par le Conseil d’administration de l’Université libre de Bruxelles (ULB).

La demande n’est pas neuve, elle avait été introduite il y a un an par les promoteurs de cette initiative. Elle a finalement été inscrite à l’ordre du jour du conseil d’administration de ce 21 mai 2012. Le débat a eu lieu et entre 55% et 60% des membres du Conseil d’administration présents se sont exprimés en faveur de la reconnaissance comme cercle étudiant de l’ULB. Il est intéressant de noter que la majorité du corps académique ne s’est pas exprimée favorablement.

Lors du débat, des personnes présentes nous ont rapporé qu’un porte-parole du comité BDS avait expliqué les objectifs qu’il entendait poursuivre. Lorsqu’il a fait remarquer qu’il appelait à un « boycott théorique académique », certains administrateurs perplexes face à cette initiative lui ont demandé ce qu’il entendait par cette expression pour le moins curieuse. Le porte-parole fut incapable d’expliciter ce que cette expression signifiait. Pire, il n’est même pas parvenu à définir la notion de boycott académique ! Il s’est borné à indiquer que leur cercle mènera une réflexion et des débats sur la notion de boycott qu’ils devront encore définir.

Bien qu’il soit tenu de se soumettre à la décision du conseil d’administration, le recteur de l’ULB, Didier Viviers, n’accueille pas avec satisfaction la reconnaissance du cercle BDS. « Si on estime que l’avenir est dans le dialogue culturel et académique, on ne peut se réjouir d’une démarche visant à boycotter une université », regrette-t-il.

Comment expliquer ce vote ? Pour les administrateurs ayant voté favorablement, il s’agit surtout d’inscrire cette décision dans le cadre du respect de la liberté d’expression. Ce cercle défend certes des idées que l’institution universitaire ne partage pas, mais il a le droit de le faire dans le respect du libre examen.

« Il est clair que la présence du cercle BDS ne signifie aucunement que l’ULB décrète et applique le boycott académique et culturel », insiste Didier Viviers. Et d’ajouter : « L’ULB maintient les collaborations et les accords de coopération qu’elle a conclus avec les universités et les centres de recherche israéliens. Je le répète pour que les choses soient très claires pour tout le monde, le cercle BDS fraîchement reconnu ne définit pas la politique de l’ULB et cette dernière ne pratique pas le boycott académique et culturel ».

Lire ici le communiqué du CCLJ  

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