Présenté en marge de la sélection officielle du Festival de Cannes, Alyah est le premier long métrage d’Elie Wajeman. Derrière ce titre évocateur se cache un film qui parle finalement très peu de sionisme. Il sera projeté à Bruxelles les soirs du jeudi 21 et du lundi 25 juin, dans le cadre d’une programmation spéciale que la Cinematek consacre à la Quinzaine des réalisateurs.
L’histoire racontée par Alyah débute à Paris. Une ville qu’Alex aime, mais qu’il envisage pourtant de quitter pour Tel-Aviv, où un cousin se lance dans la restauration. A 27 ans, le jeune homme vit d’un petit commerce de haschisch et éponge tant bien que mal les dettes accumulées par son frère Isaac. Il voit là l’occasion de tourner le dos à son passé et de changer de vie. Pour faire son Alyah, Alex devra trouver de l’argent; mais plus important encore, il devra trouver sa propre voie…
La trajectoire de ce jeune homme perdu à un carrefour de son existence est le véritable sujet d’un film qui n’a donc rien de politique. Cette thématique-là, Elie Wajeman a préféré l’évacuer. Et il ne parle pas plus de judaïsme qu’il ne parle de sionisme, évitant soigneusement tout parti pris, même s’il écorne quelque peu l’Agence juive et son discours propagandiste. Une absence d’engagement que lui reprochera probablement une partie du public issu de la communauté juive. Mais cette timidité et les quelques maladresses dans le scénario, imputables à l’inexpérience du jeune réalisateur, se trouvent compensées par un casting de qualité, avec le prometteur Pio Marmai dans le rôle principal et l’excellent Guillaume Gouix, en meilleur ami du héros.
Salué à la Quinzaine des réalisateurs
Dans l’ensemble, Alyah est un film intimiste qui tient la route, et ses promesses. Ce n’est pas un hasard s’il a été présenté lors de la Quinzaine des réalisateurs, une section indépendante qui depuis l’après Mai 68 propose des longs et courts métrages documentaires et de fiction ignorés par la sélection officielle du Festival de Cannes. Jouant la carte des nouveaux talents à côté des atouts des cinéastes confirmés, la Quinzaine a par exemple découvert les premiers films de George Lucas, Martin Scorsese, Ken Loach, Michael Haneke, Spike Lee, Sofia Coppola, ou encore des frères Dardenne…
Une grande partie de la sélection de l’édition 2012 sera présentée à la Cinematek entre le 20 au 27 juin 2012, à peine quelques jours après la fin de la Croisette. Outre Alyah, ce sera l’occasion pour les cinéphiles belges de découvrir la diversité du cinéma d’auteur de Shanghaï, du Bronx, d’Algérie ou encore d’une Inde qu’on aurait tort de réduire à la seule Bollywood.
Alyah, un film de Elie Wajeman (France, 2012)
avec Pio Marmai, Cédric Kahn, Adèle Haenel
Projeté le 21 et le 25/06/2012 à 21h à la Cinematek
Rue Baron Horta 9, 1000 Bruxelles
Entrée (film + expo) : 3 € – avec réduction : 1 €
Infos et réservations : www.cinematek.be ou 02/551.19.19
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