Et encore, Isabelle Alonso se retient !

Ringard, le féminisme ? Démodé ? Pas du tout ! En tout cas, ce n’est pas l’avis du TTO ! Après des « Monologues du Vagin » dont le succès ne s’est jamais démenti, c’était ce mardi 26 juin 2012 à Isabelle Alonzo que revenait le plaisir de clôturer la saison 2011-2012 du théâtre de la Toison d’Or, de défendre sur la scène ixelloiseun texte féministe à la fois drôle et sans concession.

Célèbre pour son engagement auprès des Chiennes de garde et ses positions « radicales » à l’égard notamment de la prostitution et de la pornographie, celle qui a été conseillère financière, écrivaine, et chroniqueuse radio, s’essaye depuis deux ans à l’exercice du seul-en-scène. Son spectacle emprunte au stand-up humoristique et au pamphlet militant. Si l’ensemble est parfois inégal, le texte reste drôle tout le temps, mordant parfois.

Vous utilisez l’humour comme une arme de choix dans le combat féministe… Vous avez déjà pu constater son efficacité ?

Absolument ! C’est une arme très efficace ! Pas seulement dans le combat féministe, d’ailleurs. L’humour est utile, nécessaire, et ce partout et dans plein de situations. Il n’est pas seulement bénéfique pour l’individu, mais est aussi un élément essentiel pour les sociétés humaines et les relations qui s’y nouent. L’humour n’est pas seulement une arme, il est capable aussi de désamorcer les conflits.

Votre spectacle s’appelle « Et encore, je m’retiens ! ». C’est le titre de votre tout premier livre, un essai sorti en 1995. Pourquoi avoir choisi de reprendre ce texte-ci sur scène, quinze ans après ?

En réalité, le texte de mon spectacle ne reprend qu’une très courte partie de cet essai. Les éléments que j’évoque au début n’ont en fait presque pas évolué depuis quinze ans, donc je peux me permettre de reprendre ce passage tel quel. Pour le reste, j’ai simplement adapté le spectacle au fur et à mesure, en y incorporant, par exemple, des éléments d’actualité politique ou sportive dont j’avais envie de parler. Actuellement, j’en suis à la 51eversion. Le texte d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec le livre Et encore, je m’retiens !, tel qu’il a été publié en 1995. Mais je trouve vraiment que c’est un bon titre, je l’aime beaucoup, et je tenais à le garder pour ce spectacle.

Vous avez appris à faire de la scène sur le tard, et sur le tas… Vous sentez-vous plus sûre de vous, à présent ?

J’aime bien être sur scène, et je commence à y prendre mes marques, à m’y sentir à l’aise, malgré qu’il y ait parfois encore des moments où je laisse le trac m’envahir. C’est encore un peu prématuré de dire que je suis sur scène comme un poisson dans l’eau, mais j’y travaille, ça va venir.(Rires). A part ça, je suis vraiment très heureuse de faire de la scène; je suis ravie de partager mes émotions avec le public, et aussi de partager les leurs. Ce genre d’échange, c’est extrêmement gratifiant. Et puis, je trouve que la scène est un exercice complémentaire par rapport à l’écriture. 

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