L’Institut Bordet (ULB) et l’Hôpital Hadassah (Université hébraïque de Jérusalem) ont signé le 19 juin 2012 à Bruxelles un accord de coopération en matière de recherche sur le cancer. Un acte de fraternité qui permettra à la recherche scientifique de progresser.
L’Hôpital Hadassah de Jérusalem possède un centre oncologique mondialement connu pour ses travaux de recherche dans les nouvelles stratégies thérapeutiques. Outre le travail remarquable de ses médecins et de ses chercheurs, cet hôpital israélien tire aussi sa notoriété des relations qu’il n’a cessé de nouer au fil des décennies avec les Palestiniens pour soigner les malades, opérer les blessés, former des médecins et des soignants palestiniens.
Fort des liens qu’il a pu construire depuis bientôt trente ans avec l’Hôpital Hadassah, le professeur Maurice Sosnowski, chef du service d’anesthésiologie de l’Institut Bordet et président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), a décidé il y a plus d’un an d’établir des relations étroites entre ces deux institutions spécialisées dans la lutte contre le cancer. L’accord de coopération a été signé le 19 juin dernier à Bruxelles en présence du recteur de l’ULB, Didier Viviers, et de la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx.
Outre des programmes de recherche scientifique, l’accord de coopération prévoit également l’organisation de colloques communs et l’échange de personnel médical et paramédical, de matériel scientifique et d’informations.
Réponse au boycott ?
Certains seraient tentés de voir dans cet accord de coopération une réponse instantanée à la reconnaissance du cercle BDS par l’ULB. « Le projet que nous concrétisons officiellement ce 19 juin 2012 a été lancé bien avant », précise Maurice Sosnowski. « Mais à cause de cette décision regrettable prise par l’ULB, nous avons décidé de médiatiser la signature de cet accord entre Bordet et Hadassah en organisant à la Fondation universitaire une cérémonie officielle en présence de personnalités politiques et académiques ».
Les échanges entre universités sont autant d’instruments qui permettent aux chercheurs de contribuer ensemble au progrès scientifique. A cet égard, Hadassah présente des atouts précieux pour les chercheurs belges. « Aujourd’hui, nous ne possédons qu’une technique d’analyse génétique longue et couteuse pour déterminer s’il s’agit d’une cause héréditaire de cancer », fait remarquer le docteur Daphné t’Kint, oncologue interniste à Bordet. « Or, Hadassah a mis au point une technique simple et peu onéreuse à partir d’une prise de sang. Si on peut déterminer que le patient a un cancer lié à une cause héréditaire, cela pourrait changer la prise en charge de ce patient et le choix du traitement. Cet accord de coopération nous permettra d’accomplir des progrès majeurs ».
Si on souhaite que les chercheurs belges puissent bénéficier de ce savoir-faire israélien, on ne peut faire l’économie d’une coopération scientifique de ce type. Dans ce contexte, le boycott académique empêche de nombreux chercheurs de l’ULB de poursuivre leurs travaux déjà entamés avec leurs homologues israéliens, et des pathologies graves risquent de ne pas être soignées. Mais comme le souligne Maurice Sosnowski, « il n’y a heureusement pas encore de boycott académique; les patients s’en félicitent ».
Les professionnels du secteur hospitalier et universitaire ont d’ailleurs tendance à ne pas se focaliser sur ces campagnes de boycott, bien éloignées des réalités de la recherche scientifique. « A un niveau aussi élevé de la recherche, les scientifiques se connaissent et échangent les informations dont ils disposent », reconnaît Robert Tollet, président de l’Institut Bordet et ancien président du Conseil d’administration de l’ULB. « Cela peut paraître même stupide de le rappeler, mais on n’arrête pas le progrès, encore moins avec des actions de boycott académique. Dès lors qu’il est question de faire progresser la science dans des domaines aussi essentiels que l’oncologie, il serait aberrant de se priver du potentiel que représentent ces partenariats entre centres de recherche belges et israéliens ».
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