De leur plus tendre enfance à l’âge de la retraite, beaucoup de Juifs ont fait de Knokke leur destination de vacances privilégiée.
“J’aime Knokke, parce que ça me rappelle mon enfance et que j’ai passé des vacances extraordinaires là-bas. J’y vais depuis que je suis née. Petite, j’allais jusque chez Siska sur le vélo de mon père, mes mains sous sa veste pour me réchauffer…
Knokke aujourd’hui, c’est l’endroit rêvé pour partir pendant quelques jours entre amis, sans nos parents ! C’est pratique pour faire du shopping, parce que les rues commerçantes sont énormes et très agréables. Le vent frais de la mer est super pour faire du vélo… Et puis après l’effort, le réconfort, c’est pour ça que le glacier « Australian » est sur le chemin de la gare… Pour finir, direction la maison, après avoir pris plein de couleurs !”
Kelly Goudsmit, 18 ans
“Pour nous, Knokke, c’est…
… une longue histoire de près de quarante ans, avec à l’époque, les vacances à la « Villa chez Nous », chez « Madame et Monsieur » et le Méli Park.
… le temps d’une journée, d’un week-end, à Pessah ou Rosh Hashana et puis surtout aux grandes vacances !
… beaucoup d’amis, l’indispensable, les amis des enfants, les amies des mamans et parfois quelques papas, chacun y trouve son bonheur.
… manger (surtout quand il pleut) les glaces de chez Liliane ou à la Poste, chacun ses aficionados, les gaufres de chez Liliane pour le goût et l’accueil et parfois de chez Marie Siska pour la plaine de jeux, les croquettes aux crevettes et la soupe de poisson. Et puis les restaurants entre amis et les repas improvisés.
… jouer sur la plage, chez Viaene ou à la Lichttorenstrand, creuser des trous, installer son magasin de fleurs pendant que les mamans et les mamys fabriquent les fleurs, faire du cuistax, du vélo, du cerf-volant, aller à la pêche au crabe, ou se réfugier au chaud pour regarder un film, bricoler ou jouer à un jeu de société.
… la mer, les dunes, l’air pur, du vent, de la pluie parfois, un peu ou beaucoup de soleil, et quand il est là, c’est le bonheur total !
Knokke, c’est cet assemblage particulier, qui fait qu’on est comme à la maison, mais en vacances. Un lieu où les enfants ont un sentiment de liberté que Bruxelles ne leur offre pas. Un lieu où le quotidien devient un plaisir.”
Sandra Salamon, 40 ans
“Comme beaucoup d’enfants juifs de Belgique, c’est à Knokke que j’ai découvert les joies de la plage et de la mer. Nourrisson, je ne connaissais que le sable de Chez Georgette. Ce n’est qu’ensuite que mes pieds ont pu fouler les dalles de la digue.
Bien que le cuistax et le vélo me permettaient de parcourir tout le territoire de cette station balnéaire, je n’ai jamais vraiment poussé ma curiosité au-delà des limites d’Albert Plage, ce quartier de la commune de Knokke-Le Zoute fréquenté en masse par les Juifs. Certes, quand le soleil n’était pas au rendez-vous, on se promenait le long des boutiques du Zoute ou on allait manger une gaufre chez Siska, mais Albert Plage demeurait l’Hinterland juif. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que les Juifs soient peut-être les seuls à ne retenir que le nom « Knokke » pour désigner cette ville de la côte. Alors que pour la haute société belge, celle qui fréquente les villas blanches de style anglo-normand, les bars branchés, les restaurants huppés et le très sélect club de golf, on parle du « Zoute ». N’en déplaise au bourgmestre, le comte Lippens, et à ses efforts pour en faire la plus mondaine et la plus sélecte des stations balnéaires d’Europe, « mon » Knokke, celui que des dizaines de milliers d’enfants juifs ont connu depuis la fin des années 50, n’a jamais eu besoin de sa particule « Le Zoute » et de tous ses attributs pour que j’y passe des moments de bonheur. Je reconnais néanmoins ne pas avoir pu résister à la tentation d’un cocktail Pimm’s à la terrasse du Rubens.”
Nicolas Zomersztajn, 43 ans
“Knokke, c’est notre deuxième chez nous, c’est l’endroit où on se ressource, on se détend, on marche, on pédale, on respire, on prend le vent, on observe les vagues et les surfeurs; bref où on prend le temps de « vivre ».
Knokke, ce sont nos souvenirs d’adolescents, de jeunes amoureux, de jeunes parents, de grands-parents.
Chaque nouvelle étape de notre vie nous permet de retrouver les mêmes endroits parfois rénovés, souvent rafraîchis, les mêmes goûts, les mêmes odeurs, les mêmes repas, les mêmes desserts, bien sûr.
Knokke, ce sont les week-ends prolongés, seuls ou avec des amis, les vacances avec nos « petits », rarement nos vacances à deux.
Knokke, c’est aussi l’endroit où on retrouve ceux qu’on a bien connus, un peu oubliés ou perdus de vue et qu’on retrouve avec le même sourire, le même plaisir.
Knokke, ses balades au Zwin ou autour du Lac, ses gaufres de Siska, ses glaces de la Poste ou de chez Liliane, ses croquettes du Rubens, ses célèbres plages, dont les noms ont changé au
fil du temps, mais qui enchantent les petits d’aujourd’hui comme nos petits d’hier, ses boutiques qui font comme hier le bonheur des mamans et l’angoisse des papas.
Knokke, où souvent le soleil que l’on attend vainement autre part est chaud, mais jamais brûlant, où le vent décoiffe et fait voler le sable…
Knokke, qui amène le sourire et beaucoup de nostalgie à tous ceux qui -vivant aujourd’hui sous d’autres cieux- ont connu ces mêmes émotions et partagent ces mêmes souvenirs.
Knokke, pour nous, ce n’est pas qu’une station balnéaire, c’est encore et toujours une très heureuse partie de notre vie…”
Michel et Michelle Lipszyc, 60 et 61 ans
“
Je vais à Knokke depuis 35 ans… Je venais à Knokke jouer au ballon, c’est toute ma jeunesse.
A l’époque, on ne faisait pas dix mètres sans rencontrer une connaissance. Beaucoup ont malheureusement disparu et Knokke a changé, mais nous y retournons ma femme et moi, surtout depuis que nous y avons un appartement.
Avant, on allait à l’hôtel Atlanta et à la plage chez Georgette, avant d’aller chez Viaene avec nos enfants, puis nos petits-enfants. Petits ou plus âgés, c’est une partie de notre vie, c’est à Knokke qu’on voyait nos amis. On a un peu la nostalgie,
c’est vrai, mais on a toujours nos habitudes. On continue d’aller aux mêmes endroits, au Casino, à la terrasse du fameux café Royal, à Albert-Plage. Je regrette le Knokke de l’époque, mais c’est peut-être aussi parce que je regrette un peu ma jeunesse.”
Maurice et Esther Lederhandler, 82 ans
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