L’accumulation des affaires avait valu au Premier ministre israélien de démissionner avec son gouvernement en 2008, pour être remplacé par Benjamin Netanyahou. Peut-on être coupable dans une affaire et innocent dans deux autres pour les mêmes charges ? Ehoud Olmert, victime d’une injustice ? C’est la thèse privilégiée par les membres de son parti Kadima.
« Ehoud Olmert a été condamné seulement pour le crime mineur d’abus de confiance. Il encourt une peine de trois ans de prison. Les délibérations sur la sentence débuteront le 5 septembre prochain », c’est ce que rapporte le Jerusalem Post, après l’acquittement prononcé par le Tribunal de district de Jérusalem ce 10 juillet 2012 pour les principales charges de corruption qui pesaient contre l’ancien Premier ministre israélien.
C’est dans l’affaire dite du « Centre d’investissement » qu’Ehoud Olmert est reconnu coupable de corruption. Cet organisme officiel par le biais duquel il a favorisé des prêts et des garanties officielles au profit de sociétés gérées par Uri Messer, son ex-associé dans un cabinet d’avocats, alors qu’il était ministre du Commerce et de l’Industrie (2003-2006). Le Président de la commission de contrôle de la Knesset, Uri Ariel (Union nationale) comme la députée Meretz Zehava Gal-On ou la leader du Parti travailliste Shelly Yechimovich ont félicité la justice d’avoir mené la procédure à son terme et estimé que la condamnation d’un ancien Premier ministre pour abus de confiance était « un jour difficile, une tache qui va renforcer la crise de confiance du public en la classe politique ».
Au procès, « un des plus retentissants procès pour corruption de l’histoire d’Israël » selon le Jerusalem Post, quelque 280 témoins ont été entendus en plus de deux ans. Le jugement compte pas moins de 700 pages, et la sentence pourrait invalider pendant sept ans l’éventuel retour à la vie politique d’Ehoud Olmert. L’ancien chef de gouvernement a d’ailleurs minimisé sa culpabilité dans cette affaire, estimant que selon le jugement elle relevait d’« un comportement erroné (de sa part) au regard de la procédure ».
En revanche, Ehoud Olmert peut se réjouir d’avoir été acquitté « au bénéfice du doute » pour les affaires « Talansky » et « Rishon Tours », dans lesquelles il répondait également de corruption. Des faits qui remontent à l’époque où il était maire de Jérusalem (1993-2003), puis ministre de l’Industrie et du Commerce jusqu’en janvier 2006.
Dans le dossier Morris Talansky, Ehoud Olmert était accusé d’avoir reçu de cet homme d’affaires juif américain des centaines de milliers de dollars en liquide pour monnayer ainsi son influence en tant que ministre du Commerce et de l’Industrie. Dans l’affaire dite de l’agence de voyages « Rishon Tours », il était accusé de s’être fait rembourser plusieurs fois des vols à l’étranger en présentant séparément des factures à l’Etat et des organisations de bienfaisance pour un seul et même voyage. L’ancien chef de gouvernement, qui avait toujours clamé son innocence, a donc été blanchi pour les deux dossiers.
Plusieurs députés de son ancien parti, Kadima, appellent déjà Olmert à revenir en politique, l’estimant victime d’une injustice. Un débat d’urgence à la Knesset a même été réclamé, entendant mettre en cause le procureur général, après ces quatre années de procès qui avaient conduit le 21 septembre 2008 à la démission du Premier ministre. Ehoud Olmert a lui-même alimenté ces rumeurs de retour en déclarant qu’on entendrait parler de lui dans les prochains jours…
Le 5 janvier 2012, celui qui reste qualifié par les médias de « suspect en série » a également été inculpé de corruption dans l’affaire dite du projet « Holyland », un énorme scandale immobilier à Jérusalem dans lequel pas moins de quinze autres ex-hauts responsables de la municipalité figurent au banc des accusés. A l’époque, Ehoud Olmert était maire de la ville. Le procès est toujours en cours.
Pour rappel, d’autres personnalités politiques israéliennes de premier plan se sont déjà retrouvées derrière les barreaux. L’ex-président Moshé Katzav et l’ex-ministre des Finances Avraham Hirshson purgent encore respectivement 7 ans de prison ferme pour viols, et 5 ans et 5 mois pour détournements de fonds publics.
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