Entré en fanfare dans le gouvernement Netanyahou début mai, le président de Kadima vient d’en sortir sans tambours ni trompettes en cette mi-juillet. Mais quoi : faire et défaire, c’est toujours diriger
…
Quelqu’un devrait expliquer avec modération à Shaul Mofaz, ancien Chef d’Etat-Major de Tsahal, la différence entre manœuvres militaires et politiques. Certes, dans le premier cas, attaque fulgurante et repli inopiné sont souvent des gages de succès.
Par contre, à un niveau gouvernemental, ce genre de va-et-vient donne plutôt l’image d’une personnalité hésitante et brouillonne. Ou, dans ce cas précis, la renforce. Car M. Mofaz est coutumier de ce genre de volte-face.
En janvier de cette année encore, alors qu’il concourait pour prendre la place de Tzipi Livni à la tête de son parti, n’avait-il pas assuré : « Je n’entrerai pas dans une coalition dirigée par B. Netanyahou, ni maintenant, ni demain, ni après mon élection à la tête de Kadima » ?
Moyennant quoi, il avait rallié ce qu’il qualifiait de « mauvais gouvernement dirigé par un menteur » peu après sa victoire. « Dans l’intérêt supérieur du pays », avait-il alors expliqué. Et un peu beaucoup aussi, sans doute, parce qu’il craignait une dissolution anticipée de la Knesset.
Les sondages prédisaient alors un effondrement de Kadima : 14 députés au lieu de 28. Va donc pour le ralliement au Premier ministre. Et puis, après deux mois d’intense inaction, Sh. Mofaz a changé d’avis. En cause, le projet de loi sur la conscription.
Lui prônait un service militaire ou civil pour tous, ultra-orthodoxes et Arabes israéliens compris. Ce dont ne voulait pas B. Netanyahou, plus soucieux de ses amitiés avec l’extrême droite laïque et religieuse que de conserver une imposante majorité dont il n’a pas l’usage.
Exit donc Kadima, ses députés et son chef, lequel a fièrement proclamé : « Nous recommençons, la tête haute, à servir le pays à la tête de l’opposition ». On allait le dire. Le Premier ministre, lui, ne bronche pas.
Il dispose toujours d’une majorité de 66 députés sur 120. Et il a encore plus d’un an pour préparer son maintien au pouvoir après les législatives prévues en octobre 2013. A moins bien sûr, que, d’ici là, l’intérêt supérieur du pays exige qu’elles soient anticipées…
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