JO de Londres : Un bilan mitigé pour les féministes

Si le Comité international olympique se félicite de son bilan en matière du droit des femmes aux Jeux olympiques de Londres, les associations féministes partagent un autre point de vue, estimant que les inégalités entre hommes et femmes subsistent bel et bien.

Peu après l’ouverture des JO, deux manifestantes membres de l’association féministe ukrainienne Femen, connue pour avoir organisé plusieurs coups d’éclat lors de l’Euro 2012 en Ukraine et en Pologne, avaient souhaité attiré l’attention des médias sur « les régimes fascistes qui traitent les femmes comme des citoyens de troisième zone ». Arborant des couronnes de fleurs, elles avaient couru nues, le corps badigeonné des inscriptions « honte olympique » et « No charia », pendant une dizaine de minutes devant l’entrée de l’hôtel de ville, avant d’être rhabillées et emmenées par la police.

Quinze jours plus tard, les associations féministes restent critiques quant au déroulement des Jeux et au sort réservé aux femmes. Pour ne citer que le nombre d’épreuves, les femmes compteraient 30 épreuves de moins que les hommes, réduisant proportionnellement leurs chances de remporter des médailles.

La Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF) et la Ligue du droit international des femmes (LDIF) évoquent notamment le fait que les joueuses de l’équipe japonaise de football (championne du monde) et les basketteuses australiennes ont voyagé en classe touriste, alors que leurs compatriotes masculins, moins titrés, avaient droit à la classe affaires… parce qu’ils avaient de plus longues jambes !

Elles dénoncent la présence de 17 délégations avec des femmes en tenues islamiques, « contraires à la neutralité du sport exigée par la Charte olympique ». Il faut dire que cette année, elles ont été plus nombreuses à arborer le foulard islamique (hijab) dans les compétitions du tournoi international, car, pour la première fois, l’Arabie Saoudite,mais aussi le Brunei Darussalam et le Qatar ont autorisé des femmes à participer aux JO. Après un premier refus qui avait fait grand bruit, la Fédération internationale de judo a finalement permis à une judokate saoudienne, Wojdan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani, de combattre voilée… mettant à mal la laïcité des Jeux.Moins médiatisée, sa compatriote, Sarah Attar, seconde femme de l’équipe olympique saoudienne, voilée elle aussi, a terminé dernière de sa série du 800 m, confiant à l’agence Associated Press (AP) : « C’est un honneur tellement immense et une expérience si incroyable, rien que de pouvoir représenter les femmes », elle qui a décidé de concourir sous le drapeau saoudien (et non américain, puisqu’elle a la double nationalité) pour susciter des vocations chez les femmes » du royaume. L’accès aux installations sportives dans les pays arabes étant encore très limité pour les femmes et leur manque d’entrainement évident.

La Tunisienne qui avait décroché la médaille d’argent dans l’épreuve du 3.000 m steeple a, elle, tenu à décerner samédaille à tout le peuple tunisien, « pour les femmes tunisiennes, pour la nouvelle Tunisie », sans se soucier du fait que sa tenue classique d’athlétisme lui avait attiré les critiques de certains jugeant sa tenue non appropriée en pleine période de Ramadan.

Les plus optimistes relèveront que pour la première fois de l’histoire, la boxe féminine avait son épreuve olympique, et que pas loin de 44% des sportifs dans ces JO étaient des sportives, démontrant donc plutôt une nette féminisation de ceux-ci.

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