Nous vivons désormais dans un monde sans repère, sans valeur. La multiplicité des moments électoraux oblige nos appareils partisans à ne plus se consacrer qu’à la chasse au bon candidat issu de l’immigration. J’en veux pour preuve la décision du MR d’intégrer sur sa liste électorale à St Josse-Ten-Noode, la cousine du ministre socialiste Emir Kir. Le fait que la jeune dame n’ait pas la moindre expérience politique, qu’elle ait hésité à rejoindre la N-VA et qu’elle soit de surcroit voilée, n’a pas fait hésiter bien longtemps les hautes instances du parti libéral.
Cette manœuvre illustre le vide idéologique qui frappe désormais nos sociétés postmodernes. Ailleurs, ce choix aurait provoqué ne fut-ce qu’un mini-débat. La seule question qui semble intéresser nos journalistes est de savoir si cette stratégie se révélera payante ou non.
Autre exemple de ce manque de repère, l’incapacité du journaliste Baudouin Loos (Le Soir) à comprendre pourquoi certains d’entre nous s’étonnent de voir Le Soir publier un article de Pierre Piccinin. Ce pseudo-reporter qui n’a eu de cesse d’encenser ces dernières années toutes les dictatures arabo-musulmanes jusqu’à son récent chemin de Damas. Et notre collègue du Soir de mettre au défi Sylvie Lausberg de lui fournir la moindre preuve de son prétendu antisémitisme. Mais comment convaincre des journalistes désormais sans repère, ni culture historiques ? Assurément, M. Loos n’a jamais entendu parler de la croyance antisémite qui fait des Juifs les maîtres exclusifs des médias et que partage assurément Piccinin.
M. Piccinin est un obsédé du complot juif. Ainsi dans un article au titre évocateur, posté en novembre 2010, il n’hésitait pas à dénoncer « La haute trahison de l’avionneur Serge Dassault (de son vrai nom Serge Bloch). Des ingénieurs et officiers français d’origine juive choisirent alors de transmettre les plans du Mirage aux services de renseignements israéliens (…). Cette affaire de haute trahison (fut) rapidement étouffée, car elle rappelait trop le cas Dreyfus et impliquait l’avionneur Serge Dassault (de son vrai nom Serge Bloch)… ». En réalité, Pierre Piccinin confond Serge avec son père Marcel Dassault qui, ironie de l’histoire, s’était converti peu après son retour de déportation au catholicisme. Mais c’est bien connu, comme nous le rappela en son temps Freddy Guidé, un Juif même converti (Fritz Haber) reste un Juif.
Cet autre article tout aussi hallucinant confirme l’obsession de Pierre Piccinin. Dans « EUROPE – Sionisme – Pour que s’arrête la peur ! », il s’élève contre « les pressions et les intimidations » mises en œuvre par « les organisations juives » ! C’est simple, à le suivre,« tout le monde tremble, journalistes, politiciens, magistrats » face à cette« inquisition en marche ». Et notre pourfendeur du complot judéo-sioniste de citer les persécutions subies par les rares « intellectuels » prêts à en découdre, tels le faurissonien Paul-Eric Blanrue, Alain Ménargues, dénoncé pourtant comme antisémite par le Monde diplomatique, Eric Mazet, « journaliste, mis à pied en septembre dernier pour avoir osé poser la question “DSK est-il soutenu par un lobby juif ?” ou encore la très
négationniste Silvia Cattori. Reprenant à son compte la thèse centrale des Protocoles des Sages de Sion, Pierre Piccinin avance l’idée d’une véritable conspiration : « Par recoupement, il a été possible d’établir que ces différentes interventions étaient coordonnées, résultats de mots d’ordre et d’organisations pyramidales, et ne résultaient pas d’initiatives individuelles isolées ». A l’en croire, plus personne n’oserait désormais critiquer l’Etat d’Israël.
C’est ainsi que Piccinin invite le monde intellectuel à se mobiliser contre l’insupportable lobby et ce, ni plus ni moins, « pour que s’arrête la peur ! ». Selon la célèbre blague juive d’avant la Shoah, si seulement Piccinin, après le Stürmer, avait raison ! Malheureusement, je ne parierais pas un kopek sur la peur de Baudouin Loos à notre égard.
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