Qui est l’auteur de « L’innocence des musulmans » ?

Comme une bonne partie des médias, il semble que nous nous soyons trompés* : aucun Juif ou Israélien ne serait impliqué dans l’insultant navet qui a servi de prétexte aux récentes violences anti-américaines. Retour sur une probable erreur.

Qu’il existe bel et bien de facto une « Sainte alliance » entre extrémistes chrétiens, musulmans et Juifs ne semble guère contestable.  Mais elle ne semble pas avoir été mise en pratique dans le cas de L’innocence des musulmans.

Si cela est exact, nous nous sommes donc trompés. (Et, à vrai dire, on préfère). Mais d’où vient cette erreur ? D’informations parues hier, 12 septembre 2012, dans le Wall Street Journal, l’agence Associated Press (AP) et le site Times of Israël de Jérusalem.

Eux-mêmes se sont basés sur des interviews de Steve Klein, le producteur du film et de son auteur, un nommé « Sam Bacile », qui affirmait être israélo-américain et avoir été financé par des donateurs juifs.

Mais aujourd’hui, le 13/9, Jeffrey Goldberg, journaliste à The Atlantic après avoir fait ce que les médias précédents ont négligé d’accomplir, à savoir vérifier leurs informations, cite les rectifications suivantes apportées par ce même Steve Klein. 

D’après ses dires, « Sam Bacile » serait un pseudonyme qui ne cacherait ni un Israélien ni un Juif. Le pasteur cinglé Terry Jones ne serait pas impliqué non plus. Les auteurs du film seraient syriens, turcs et égyptiens. Certains seraient coptes, mais la majorité chrétiens évangéliques.

Goldberg lui-même affirme prendre ces nouvelles révélations avec méfiance, mais affirme n’avoir trouvé aucune preuve que « Bacile » serait juif. De son côté, l’AP -après enquête…- pointe du doigt un nommé Nakoula Basseley Nakoula.

Il s’agit d’un chrétien copte, déjà condamné pour malversations financières, qui reconnaît  s’être occupé de la gestion du film, mais non en être l’auteur. Sauf que l’AP a découvert que « Bacile » et Nakoula utilisaient le même numéro de téléphone…

Et qu’entre « Bacile » et « Basseley », le 2e prénom de Nakoula, la distance est courte. Sans parler que l’homme a déjà utilisé plusieurs pseudonymes dont « Nicolas Bacily »… Si tout cela se confirme, l’attaque serait donc double.

Elle aurait voulu s’en prendre à l’islam et mettre les Juifs en danger. Tout cela demande bien sûr vérification mais, en attendant, l’Associated Press a présenté ses excuses dans le texte  suivant :

« Sam Bacile » n’aurait  pu répandre la fiction que les Juifs étaient derrière ce film sans l’aide de l’Associated Press et The Wall Street Journal, qui ont tous deux déclaré, sans vérification indépendante, que « Sam Bacile » prétendait être israélien ». 
Et, jusqu’à de plus amples informations, nous en faisons autant.

*http://www.cclj.be/article/3/3501

**http://www.theatlantic.com/international/archive/2012/09/sam-bacile-israeli-jew-may-actually-be-nakoula-basseley-nakoula-coptic-christian/262316/

 

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