Jérusalem : femmes contre femmes*

Tous ceux qui connaissent le marché Mahané Yehouda de Jérusalem savent à quel point c’est un lieu vivant, coloré et sympathique. Mais ces  derniers temps, les ultra-orthodoxes commencent à vouloir étendre leur ombre noire dessus**.

Dans la foule, plusieurs ménagères orthodoxes, la cinquantaine; elles ne sont pas là pour les tomates, mais pour une mission.  L’une d’entre elles approche une femme stationnée devant l’étalage, une femme qui porte un débardeur.

La femme haredi s’approche et touche le bras nu de sa voisine qui sursaute; elle l’apostrophe immédiatement en pointant son bras : « La prochaine fois, ne venez plus comme ça au marché, portez des manches ».
 

Une seconde s’en prend alors à une femme, elle aussi bras nus, en pantalon court, et lui adresse la même remarque. Ces groupes de femmes orthodoxes ont pris pour cible Mahané Yehouda depuis déjà un certain temps.

Car le quartier est devenu  un lieu de passage ou de promenades pour les touristes, les jeunes – avec même une certaine forme d’animation nocturne. Alors qu’en parallèle, la présence d’une population « haredi » s’est accrue.

Et pour eux, la « renaissance » du quartier se fait « sans lois, sans règles, et cela choque les enfants ». Mais les commerçants ne l’entendent pas ainsi : « Nous ne voulons pas de gardiens de la chasteté »m rapporte Shimon Darwish.

Lequel n’est autre que le président de l’association des commerçants de Mahané qui considére qu’il s’agit d’une « escalade dans l’attitude des haredim. Ils tentent de créer une atmosphère de peur et d’empêcher les gens de venir au marché », ajoute-t-il.

Il entend identifier ces groupes grâce aux caméras de sécurité qui équipent les allées du marché. Pour l’instant, il s’agit pour les commerçants « d’entamer un dialogue avec ces femmes et de leur faire entendre raison », précise-t-il.

Mais certains d’entre eux, qui  sont déterminés à préserver le caractère « ouvert et pluriculturel du marché », voient un lien entre ces groupes et les « patrouilles de la pudeur » qui opèrent dans les quartiers haredim.

Pour d’autres, il pourrait simplement s’agir d’une initiative individuelle. Mais, selon d’anciennes militantes de ces groupes orthodoxes, ce type d’initiative se développe traditionnellement dans les quartiers orthodoxes.

« Là-bas, leur action leur apporte des soutiens et des dons. Mais, en milieu majoritairement laïque, elles ne gagneront rien »,  concluent-elles.

*Article repris du site « Israël Infos » (http://www.israel-infos.net/Jerusalem–Femmes-contre-femmes-9108.html)

**Le chapeau est de la Rédaction.

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