S’ils n’approuvent aucunement la politique de colonisation du gouvernement israélien, les socialistes français ont été un des rares partis de l’Internationale socialiste à rejeter l’idée d’un boycott à son égard.
Le sujet n’a guère intéressé les médias et encore moins le grand public. Pourtant, il y a au moins deux enseignements à tirer de la réunion du 24e congrès de l’Internationale Socialiste (IS) qui s’est tenu début septembre en Afrique du Sud.
Le premier est une confirmation, s’il en fallait une, des désastreuses conséquences de la colonisation de la Cisjordanie pour Israël. Le second, qu’un des rares alliés que l’Etat juif conserve encore est le Parti socialiste français.
Bien sûr, on peut rejeter avec dédain, les Déclarations ou Résolutions adoptées par ce « Machin », qui ont tout de vœux pieux. On peut aussi ricaner en dressant la liste des partis soi-disant « socialistes » qui en ont fait –ou font encore- partie.
Par exemple, ceux de dictateurs aujourd’hui renversés, tels Ben Ali (Tunisie), Hosni Moubarak (Egypte) ou Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), tous membres à part entière de l’IS.
De fait, cette organisation s’honorerait en faisant un peu le ménage dans ses rangs. Car, à trop vouloir s’élargir, l’IS a intégré bien trop de mouvements qui sont loin de respecter sa « Charte éthique » (respect des droits de l’homme, de la laïcité, de l’égalité des sexes, etc.)
Mais il n’empêche que, telle quelle, l’Internationale demeure un puissant vecteur d’opinion.Aussi, lorsque l’IS, avec ses 160 partis socialistes ou travaillistes, se prononce en faveur du boycott des « produits des colonisations, qui utilisent les terres et ressources palestiniennes », il serait malavisé de hausser les épaules.
On ne parle plus de groupuscules extrémistes sans prise réelle sur la société, là. Mais bien de partis puissants qui s’adressent aux gros bataillons de la gauche modérée. C’est donc encore un pan supplémentaire de l’opinion mondiale qui est incité à rejeter la politique actuelle d’Israël.
On notera aussi qu’un des rares partis présents à n’avoir pas soutenu ce texte pro-boycott a donc été ce PS français souvent décrié dans la communauté juive.
Il est resté dans la lignée des déclarations de Martine Aubry de novembre 2010 : « Ceux qui prônent le boycott se trompent de combat : au lieu de porter la paix, ils portent l’intolérance, ils portent la haine ».
Ou celle d’une tribune anti-boycott de la même époque signée par celui qui n’était pas encore Président de la République, François Hollande, rejoint par le maire de Paris, Bertrand Delanoë et Manuel Valls, l’actuel Ministre de l’Intérieur.
Un rejet qui n’a certes pas valeur d’appui à la politique de B. Netanyahou. Car le PS a signé cette autre déclaration : « L’Internationale socialiste renouvelle son soutien pour une paix juste, complète et durable de la question palestinienne basée sur le droit international.
Celle-ci passe, entre autres, par la création de deux Etats avec Jérusalem comme capitale des deux Etats, vivant en paix et sécurité, dans les frontières de 1967 et qui coexistent avec le plein respect de tous les droits de leurs citoyens ».
Avec cette précision : « La fin de l’occupation est la meilleure garantie pour la sécurité d’Israël, et pour la liberté, la souveraineté, le développement et la démocratie en Palestine ». Toutes idées que prônent depuis longtemps les vrais amis et alliés d’Israël…
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