#UnBonJuif fait le buzz

Tout a commencé par un concours de blagues sur Twitter France. Et les blagues ont malheureusement vite dégénéré, si bien que le hashtag #UnBonJuif s’est retrouvé le 3e sujet de France le plus tweeté (Jewpop, 10/10/2012). Quand le meilleur laisse place au pire.

L’Union des Etudiants Juifs de France l’a annoncé, elle a demandé en urgence un entretien avec Twitter France pour mettre en place un nouveau système de modération des tweets. Elle envisage aussi de porter plainte.

C’est une bande de potes, pour la liberté d’expression à tout prix, qui a voulu visiblement s’amuser, mais qui est allée trop loin. A la série « J’ai toujours voulu… », qui semblait déjà limite, a donc suivi la proposition « UnBonJuif » qui a très vite enflammé le réseau, l’humour cédant le pas aux blagues de mauvais goût d’abord, à des propos véritablement antisémites ensuite.

Le site Jewpop.com décrit le phénomène comme relevant d’une « génération Dieudonné », « une génération baignant dans une extrême confusion mentale, pour qui le droit de se moquer de tous -avec un humour supposé- permet d’afficher l’antisémitisme le plus nauséabond, avec pour dénominateur commun le sentiment bien réel d’une injuste ‘domination juive’, politique, sociale et financière ».

Et le soufflé est loin de retomber, puisque les condamnations et indignations des uns et des autres, semblent amplifier les réactions.

« Tout le monde parle du hashtag #UnBonJuif mais c’était juste pour les aider à s’améliorer c’était des conseils », signait ce matin encore « L’arabe du futur » ou « S’indigner du hashtag #UnBonJuif c’est bien, mais il faudrait l’être également quand il y a des dérapages sur d’autres communautés », avec ces quelques regrets : « La liberté d’expression ne vaut pas pour tout le monde » .

SOS Racisme a également annoncé qu’il porterait plainte, même si une question -et non des moindres- subsiste : peut-on être poursuivi pour un tweet raciste ? Comme le signalait Slate.fr, aucune jurisprudence française ne règle le problème des propos racistes en ces lieux du web. Pour dénoncer un tweet raciste, il faut porter plainte contre son auteur. Or, des centaines de tweets ont répondu au hashtag #UnBonJuif, et les signatures sont souvent cachées sous des pseudonymes. En outre, c’est le siège social de Twitter, situé aux Etats Unis, qui détient les adresses IP des utilisateurs, et non Twitter France qui ne semble avoir de quelconque prise sur le phénomène.

Le bouton « signaler », similaire à celui que l’on retrouve sur Facebook, parait la seule arme pour lutter contre celui que certains désignent déjà comme « l’antisémitisme 2.0 ». Qui semble déjà avoir un bel avenir.

Morceaux choisis

#UnBonJuif peut s’en sortir en pleine nature, il se servirait dsa kippa comme bol et dson nez comme fourchette (très utile pour koh lanta).

#UnBonJuif va toujours tendre sa joux pour qu’on le frappe et qu’il pose plainte.

#UnBonJuif doit être cuit à point.

#UnBonJuif  est un juif mort.

#UnBonJuif prie 5 fois par jours en direction du CAC 40.

sans parler des tweets attachés à des photos de camps de concentration.

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