Le Grand Rabbin de France prend position contre le mariage homosexuel

Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, est un homme qui prend le temps de la réflexion. Quand d’autres font le choix de réagir à chaud et de donner leur avis sur tout, tout le temps, le Grand Rabbin de France préfère lui se retirer un instant des lumières médiatiques pour revenir à la vérité du texte biblique.

Il a ainsi récemment livré une contribution qui mérite d’être lue autour du mariage homosexuel, sujet qui occupe le devant de la scène médiatique française depuis maintenant quelques semaines. Le texte en question prend la forme d’un essai de 25 pages intitulé « Mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : ce que l’on oublie de dire », dans lequel Gilles Bernheim cherche à expliquer les « véritables enjeux de la négation de la différence sexuelle ».

Disons-le tout de suite, la position du « référent du judaïsme français dans sa dimension religieuse » est anti-mariage homosexuel. Seulement, là où d’autres responsables religieux ont pu se bruler les ailes en emmenant leurs propos sur les traces d’une homophobie à peine voilée, le Grand Rabbin de France, en bon philosophe, plonge pleinement dans son sujet d’étude et considère les arguments de ses contradicteurs pour leur donner des réponses précises.

La force de l’essai rabbinique adressé en premier lieu au Président Hollande et à son Premier ministre Ayrault réside principalement dans le fait qu’il n’est nul besoin de posséder une quelconque culture religieuse pour entendre les contre-arguments du représentant du culte israélite. Un bel exercice de persuasion très pédagogique abordant les sujets clés du débat qui agite les consciences françaises. On s’interroge ainsi sur le mariage homosexuel au nom de l’égalité, de la protection du conjoint, de l’amour et du droit à l’enfant. Certains arguments sont très forts, d’autres ont une portée plus réduite. Il n’en demeure pas moins que même opposé à la contre-argumentation, cette dernière a le mérite d’apporter une contribution réfléchie et dénuée d’excès à une question ultra-clivante.

Un bémol cependant : celui de l’omniprésence du terme « bien-pensance » tout au long de l’essai de Gilles Bernheim. L’utilisation du terme semble assez maladroite, l’expression étant d’ordinaire utilisée par les franges les plus rétrogrades et dogmatiques de l’opinion.

Que l’on soit pro ou anti-mariage gay, force est de reconnaître que le Grand Rabbin de France a eu le mérite d’affronter avec courage et honnêteté intellectuelle un débat dont beaucoup de ses homologues se sont maladroitement emparés. Sans grande surprise, Gilles Bernheim prône une position conservatrice, ne souhaitant réserver l’union maritale qu’aux seuls couples hétérosexuels. L’inverse, il faut bien l’avouer, aurait été une surprise…

Vous pourrez trouver le texte du Grand Rabbin de France sur son site internet.

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