A notre question « Faut-il pénaliser le blasphème ? », vous avez été 91% (sur 64 votants) à répondre par la négative, rejoignant l’opinion de Guy Haarscher dans sa dernière chronique : « Le droit de blasphémer et de se moquer de la religion est essentiel pour faire « respirer » les démocraties. Dès le moment où il s’agit d’une oeuvre qui ne s’offre qu’au public qui a décidé d’en jouir, personne d’extérieur ne peut (…) demander la censure« .
Certains pays comptent néanmoins déjà le blasphème au nombre des délits de leur Code pénal.
Le 18 octobre dernier débutait à Istanbul le procès du pianiste de renommée internationale Fazil Say, inculpé pour « insulte aux valeurs de la religion musulmane » après qu’il a publié sur son compte Twitter quelques tirades provocatrices.
Le compositeur clame régulièrement son athéisme et tourne en ridicule la bigoterie du gouvernement islamo-conservateur au pouvoir et d’une partie de la population turque, sur un ton que l’entourage du premier ministre Recep Tayyip Erdogan n’apprécie guère (Le Monde, 17/10/2012).
Fazil Say risque, en théorie, de 9 à 18 mois de prison pour avoir enfreint l’article 216 du Code pénal turc, qui punit toute « offense propageant la haine et l’hostilité » contre une institution, mais aussi « le dénigrement des croyances religieuses d’un groupe ».
Si les condamnations restent rares, ils sont plusieurs caricaturistes, romanciers, intellectuels turcs à avoir déjà fait l’objets de menaces pour leur liberté d’expression.
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