Mais non, tout ne va pas mal en Israël. A preuve, le Johnny national des Français -et, vaguement, le nôtre aussi- a été chanter là-bas. Même qu’il a allumé le feu dans le stade.
Sûr que ça change les Franco-Israéliens d’Enrico-pô pô-Macias. Quand Johnny Halliday se déplace à Tel-Aviv pour affirmer aux Israéliens que, comme lui, ils ont tous en eux quelque chose de Tennessee, ça secoue.
D’autant que, en 50 ans de carrière, c’était ce 30 octobre la première visite du plus célèbre rockeur de France et de Navarre dans l’Etat juif. En même temps, quand on chante Dans la poussière, les bras en croix, on n’échappe pas à son destin.
Quoi qu’il en soit, l’idole des jeunes est arrivée en Israël directement d’un concert au Kremlin. Et qui a-t-il rencontré en premier ? Shimon Peres. Est-ce que Poutine voudrait faire savoir qu’il se rallie à la position de la France sur le nucléaire iranien ?
Mais qu’est-ce qu’on raconte ? Johnny poursuit sa tournée mondiale et le Président israélien, parfait francophone, apprécie ses chansons, voilà tout. Le seul message de l’interprète de Oh ma jolie Sarah (tiens, tiens) était pour la télévision israélienne :
« Je regrette de venir si tard, mais mieux vaut tard que jamais ». Plus cette confidence qui rappellera quelque chose aux plus anciens : il a failli venir comme « volontaire » soutenir Israël en juin 1967, « mais c’était fini avant que j’arrive ».
Ensuite, celui qui chante Noir, c’est noir s’est rendu au Mur des Lamentations (« C’est une occasion formidable de venir ici »). Puis, direction un des grands stades de basket de Tel-Aviv. Comble, le stade.
Plus de gens que pour Gad Elmaleh, assurent les organisateurs. Et même que pour Patriiick Bruel. Normal : l’auteur de On est toujours seul était venu avec sa Laetitia, 50 musiciens et même 800 fans arrivés de France spécialement pour l’événement.
Et, comme toujours, Johnny a fait un malheur. Depuis le « Shalom Israël ! » du début jusqu’au « Vous êtes un peuple formidable, je ne vous oublierai jamais », il a fait vibrer, chanter et danser durant deux heures un public en transe.
Comment mieux conclure ce moment formidable qu’en laissant la parole à un des fans français qui admire Johnny depuis plus de 50 ans ? « C’est un de mes dieux », a expliqué l’homme. Bon, sur la terre de tous les monothéismes, c’était limite, mais soit.
« D’ailleurs », a-t-il poursuivi, « mon fils s’appelle Jean-Philippe (le vrai prénom du chanteur abandonné) et mon chien, Johnny », avant de conclure : « Après ça, je peux mourir en paix ». Et nous aussi.
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