Les internautes qui parcourent notre « forum » ont déjà pu vérifier la justesse des reproches qu’adresse le journaliste Jacques Benillouche aux braillards de la droite extrême : insultes, excès verbaux, excommunications… Mais ils prennent un relief particulier venant d’un tenant de la droite modérée comme l’est le créateur de l’intéressant site « Temps et contretemps »* . O.W.
Chut ! La critique est interdite. Certains, et ils sont de plus en plus nombreux parmi les soi-disant défenseurs de l’État d’Israël, voudraient imposer le silence aux journalistes qui n’entrent pas dans le rang, c’est-à-dire ceux qui ne rampent pas devant les tenants du régime.
Pourtant il n’y a pas d’exclusive à la critique dans ce site quand cela semblait nécessaire, en particulier à l’encontre de Tsipi Livni, de Shaoul Mofaz, des religieux du Shass, et de la gauche en général.
Ceux qui critiquent l’absence de liberté dans les pays arabes sont les premiers à vouloir appliquer en Israël les mêmes restrictions. Critiquer Netanyahou devient un crime de lèse-majesté puni par l’infamant qualificatif de «gauchiste» et par le bannissement.
Comme dans un régime de dictature que rêvent de nous imposer quelques illuminés, la pensée unique doit régir la communication dans un monde où le journaliste ne doit être que le larbin du régime.
Cela devient grave car, aux mots et aux verbes, certains veulent substituer à présent la menace physique pour démontrer à quel point leur cerveau est dérangé tant ils sont intoxiqués par l’idéologie qu’ils veulent imposer.
Pourtant les opposants à Netanyahou sont nombreux et ils riraient de se voir traités de gauchistes. Tsipi Livni, Shaoul Mofaz, Ehoud Olmert, Yaïr Lapid et d’une certaine mesure Haïm Amsallem et Shimon Pérès seraient ainsi des suppôts de la gauche antisioniste et des traitres à la nation parce qu’ils rejettent le livre « bleu » du Likoud.
Cette bonne compagnie est pourtant la garante de la vraie démocratie en Israël et de l’existence d’une opposition libre. Où sommes-nous tombés pour interdire le débat, pour vouer aux gémonies ceux qui ne pensent pas selon les règles imposées, pour interdire qu’une tête dépasse et pour condamner les réfractaires de la pensée unique ?
La démocratie israélienne filerait un mauvais coton si elle devait s’engager dans cette impasse. La liberté de penser autrement et de s’exprimer différemment est un droit accordé à tout journaliste, à fortiori lorsque les bureaux du premier ministre lui ont octroyé la carte officielle de presse.
Il ne doit rendre des comptes qu’à ses lecteurs et, à la rigueur, à sa rédaction. Alors on veut à présent classer les journalistes par catégorie ou par clan, les bons, généralement sans talent, qui ne cherchent qu’à convaincre des convaincus et les mauvais qui traversent la ligne jaune symbolique érigée par ceux qui se croient détenteurs de la bible journalistique.
Les journalistes d’opinion représentent la sale race qui décortique et analyse les paroles et les actes face à ceux qui se contentent de reproduire les dépêches d’agence en ayant auparavant sélectionné les plus ternes.
Être journaliste d’opinion est à présent un délit pour certains anachroniques, qui manquent de talent, qui se croient encore du temps de la Pravda de l’URSS et qui pensent qu’exprimer des idées différentes c’est exprimer sa haine.
Critiquer Netanyahou est assimilé à de la haine même si c’est pour dire que la pauvreté (dixit l’OCDE) s’accroit en Israël, le pays de la haute technologie tandis qu’une dizaine de familles mettent le pays en coupe réglée.
Critiquer Netanyahou est assimilé à de la haine même si c’est pour dire que peu d’actions ont été entreprises pour faire cesser les tirs de missiles sur les pauvres villes du sud trop loin de Tel-Aviv pour attirer notre sensibilité.
Critiquer Netanyahou est assimilé à de la haine même si c’est pour dire que l’on ne peut pas se couper du monde en se fâchant avec les grands dirigeants occidentaux et avec nos alliés comme Nicolas Sarkozy et Barack Obama hier, puis François Hollande aujourd’hui (…)
Critiquer Netanyahou est assimilé à de la haine même si c’est pour dire qu’il n’a aucune autorité vis-à-vis des chefs militaires et sécuritaires qui le critiquent en public et qui refusent ses ordres comme vient de le révéler la presse étrangère (…).
Un véritable journaliste d’opinion n’a pas peur des menaces surtout lorsqu’elles sont émises de manière anonyme par de véritables courageux.
*http://benillouche.blogspot.co.il/2012/11/la-critique-est-interdite.html
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