Linor Ziedenberg, 37 ans, vit avec sa famille au kibboutz Beth Kama, à 40 km à vol d’oiseau de Gaza, une cible potentielle des roquettes kassam envoyés depuis la bande de Gaza depuis plusieurs années déjà. L’actualité de ces derniers jours a décidé cette militante de gauche à fuir la région pour se réfugier au nord.
Quelle est la situation actuellement ?
Notre famille compte trois enfants, de 5 mois à 5 ans. Depuis le 15 novembre, les écoles sont fermées, tous les rassemblements ont été interdits, ainsi que toute manifestation culturelle. Les autorités ont demandé à la population de rester à proximité d’un abri pour pouvoir se protéger dans les 30 secondes qui suivent une alerte. Nous habitons dans une maison de kibboutz qui ne comporte pas de « mamad », lieu sécurisé construit en béton fortifié dont disposent en principe toutes les habitations modernes israéliennes. Malgré cette réalité, les employeurs exigent que leurs employés viennent travailler. Mon mari travaille dans une multinationale, il était donc attendu à son bureau.
Pourquoi avez-vous décidé de fuir ?
Pendant la nuit de jeudi, plusieurs sirènes ont retenti, vendredi également parfois à 5 minutes d’intervalles… Pour éviter plus de traumatismes chez les enfants, j’ai décidé que nous allions nous réfugier dans un lieu plus sûr. Rester seule avec les trois enfants, sans réel abri, pendant que mon mari était au travail, ne me semblait plus tenable. Nous sommes partis dans le nord, où vit la famille de mon mari, et la plupart de nos amis sont partis de leur côté pour être mieux protégés. A peine arrivés, mon mari m’a appris qu’il était mobilisé comme plusieurs de nos connaissances et des membres du kibboutz.
Que savez-vous de ce qui se passe ?
Personne ne sait exactement ce qui va se passer. L’armée se prépare et a donné des instructions, en annonçant une mobilisation de 75.000 réservistes pour une longue durée, mais peut-être est-ce aussi pour l’effet de dissuasion auprès du Hamas… Ce qui est sûr, c’est que cette opération est temporaire et s’arrêtera probablement avec un cessez-le-feu… jusqu’à la prochaine fois. Après ce week-end avec les trois enfants, j’espère rentrer à la maison. Pour reprendre notre quotidien, le plus normalement possible…
]]>