Non, les médias ne vous mentent pas

Cela devient une constante : à chaque fois qu’Israël se retrouve en état de guerre, l’opinion publique internationale oriente ses caméras vers Jérusalem et Gaza pour se muer en boulimique consommatrice d’images. D’Al Jazeera à France 2, de CNN à I-télé, journalistes et spectateurs ne se concentrent plus que sur un seul et unique conflit oubliant, de ce fait, le reste du monde et les autres fronts meurtriers… Sans surprise, cette surabondance d’informations provoque des remous au sein de la Diaspora juive française. Inquiète des éventuelles répercussions de l’importation du conflit israélo-palestinien sur son sol (violences contre ses membres, dégradation d’un vivre-ensemble déjà bien amoché), la communauté juive française se crispe. Elle se souvient, à juste titre, de la seconde intifada…

Phénomène récurrent depuis maintenant quelques années, les Juifs de France tendent désormais à rejeter en bloc le traitement d’Israël par les médias nationaux. Une évolution inquiétante si l’on considère qu’en dépit de quelques dérapages ciblés, cette presse continue de faire son travail comme elle le doit : sans taire la vérité. Ces derniers jours, sur Twitter et Facebook, on a ainsi vu fleurir les textes insurgés de citoyens lambda s’élevant contre un traitement biaisé du conflit israélo-palestinien. Les contributions les plus virulentes de ces individus ne représentant qu’eux-mêmes allaient parfois jusqu’à dénoncer ce qu’elles nomment de la Désinformation, du mensonge donc…

Que répondre à ces individus voyant sincèrement une non-objectivité flagrante de la part des médias ? D’abord que les mots ont un sens. Désinformation et traitement orienté n’ont pas la même signification. Un journal peut prendre fait et cause pour la reconnaissance de la Palestine, sans taire pour autant la réalité israélienne. L’inverse est vrai. Dans les rédactions, les articles font souvent l’objet de fact-checking (vérification des faits) et de relectures. Lorsque des erreurs sont publiées, un droit de réponse peut venir corriger certaines inexactitudes.

Pour le reste, soyons francs : personne ne devient antisémite et anti-israélien en lisant Le Monde ou Libération ! Cela ne s’est jamais vu, même à la suite de publication d’articles peu cléments envers l’Etat hébreu dans ces titres de presse. Non, le sentiment anti-israélien poussant à la violence, contre des Juifs, sur le sol français, répond à d’autres ressorts. Un bourrage de crâne de la part de groupes intégristes ou mafieux, un effet de masse annihilant la réflexion individuelle au profit du réflexe de groupe. Il est enfin permis de douter que les fans français du Hamas se recrutent réellement parmi les lecteurs assidus de cette presse de Gauche que l’on voue souvent aux gémonies tant les agendas respectifs des deux entités sont opposés. D’un côté, la part belle à la culture, l’impertinence et la subvention, de l’autre l’intégrisme religieux…

Quelles que soient nos conclusions, ce laïus n’interdit pas la saine vigilance et le recul par rapport à l’information. Il pourrait par contre faire réfléchir ceux qui considèrent Guysen TV et Actualité Juive comme les seules et uniques sources d’information sur le conflit israélo-palestinien…

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