Donc, les Mayas affirment que la fin du monde est pour demain, le 21/12/12 ? Et vous croyez ce que racontent des païens à qui l’Eternel ne parlait même pas ? Ecoutez plutôt les Juifs à qui Il a expliqué en personne quand, où et comment elle aura lieu.
Mayas, schmayas, qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Ces gens-là étaient des sauvages, savez-vous ? Des païens dont les dieux portaient des noms grotesques comme « Hun Ahpu Vuk », « Tzacol » ou « Yum Kaax » et à qui ils ne sacrifiaient rien moins que des êtres humains.
Des idolâtres à peine capables de bâtir des pyramides minuscules (et dénuées de pointes). Des brutes qui, si cela se trouve, ne respectaient même pas les règles élémentaires de la cacherout. Et parce que leur calendrier se termine demain, le monde devrait finir ?
Comme le dit un fort intelligent rabbin loubavitch*, le calendrier juif aussi s’arrête en fin d’année, on n’en crée pas une panique mondiale pour autant. Soyons sérieux : si -ce qui est fort sage de votre part- vous désirez vous préparer à la fin des temps, lisez plutôt le Talmud.
Lequel vous dira très précisément (Sanhédrin 94a) que « la fin des jours » se produira 6.000 ans après la création du monde. Or, nous sommes en 5773. Je retiens 2, j’ajoute 4… On ferme en 2239. Inutile donc de commencer dès à présent à stocker du sucre.
En plus, j’ai un scoop pour vous : la fin du monde ne sera pas si terrible que cela. D’autant qu’elle a déjà eu lieu. Relisez l’histoire de Noé dans la Genèse. Là, on l’a vraiment échappé belle. Le Créateur était sur les nerfs, Il voulait tout stopper, question humanité, et Il ne s’est ravisé qu’à la toute dernière minute.
Mais, une fois calmé, Il a été très clair : « Il n’y aura plus de déluge pour détruire la terre ». (Gen, 9.11) et ce ne sont pas deux pelés de Mayas qui L’auront fait changer d’avis. Ce qui ne veut pas dire que la route vers le terminus sera un long fleuve tranquille.
Il y aura une méchante bagarre entre les Juifs, rebaptisés, pour de mystérieuses raisons, « Gog » et des psychopathes nommés Magog. Comme de juste, Gog finira par gagner et ce sera la fin des temps. Mais pas celle du monde.
Au contraire, ce sera le début d’un nouveau : plus de maladies, plus de violence, autosuffisance alimentaire pour tous. Et aussi ceci : « On ne bâtira plus pour qu’un autre en profite, on ne plantera plus pour qu’un autre en jouisse » (Isaïe 65, 17-25).
Confirmation, s’il en fallait une, que Dieu est bien de gauche. Bref, ce sera le Paradis sur Terre. Selon certains. Car, comme toujours chez les Juifs, d’autres ne sont pas d’accord. Déjà Maïmonide (1135-1204) qui, Dieu sait, n’était pas la moitié d’un imbécile.
Pour lui, tout cela est allégorique : « Qu’il ne te vienne pas à l’esprit que le Roi Messie devra opérer miracles et merveilles, changer quelque chose au monde, ressusciter les morts, ou opérer des choses semblables » (Guide des Egarés)
Cela ira donc un peu mieux, les Juifs ne seront plus persécutés, mais il y aura toujours des riches et des pauvres, des faibles et des forts. Voilà, voilà. Oui, on est d’accord : tout ça pour ça, c’est limite décevant.
Mais, en tout cas, il y a un point sur lequel tout le monde se retrouve : on ne cherche pas à savoir quand la fin des temps arrivera. Et on cherche encore moins à l’accélérer : « Qu’explosent les os de ceux qui calculent la fin des temps ! », tonne le Talmud (Sanhedrin 97b).
Plus modéré, Maïmonide se contente de souhaiter « que se vide leur esprit ». Bref, ce n’est pas l’idée du siècle. Mais pourquoi cela ? se rebifferont les agnostiques. Réponse du Talmud (Sanhedrin 97a) :« Le Messie viendra à un moment où l’on ne s’y attend pas ».
A contrario, et même si c’est un peu gamin, plus on cherche à savoir quand il vient, moins il arrive. Et dire qu’il existe encore des scientifiques qui cherchent à comprendre pourquoi la civilisation maya s’est effondrée en plein âge d’or…
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