Oxford boycotte les boycotteurs

Dans la guerre du boycott  contre Israël, les partisans du BDS (« Boycott, Désengagement, Sanctions ») viennent de perdre une bataille importante à Oxford, une des plus prestigieuses universités britanniques.

Qui trop embrasse mal étreint. Si l’Union des Etudiants d’Oxford (OUSU) avait proposé de proscrire les produits des colonies de Cisjordanie, elle aurait sans doute eu sa chance. Mais la motion qu’elle a soumise ce 13 février aux étudiants allait bien plus loin que cela.

Elle réclamait que l’établissement qui, avec l’université de Cambridge, forme les futures élites britanniques, rejette tous les produits israéliens, condamne les entreprises qui commercent avec l’Etat juif  et boycotte (ou perturbe) les manifestations culturelles de l’Etat juif.

Et ce jusqu’à ce qu’Israël « mette fin à son occupation de toutes les terres arabes». Une terminologie plus qu’ambiguë puisque « toutes les terres arabes » peut inclure le pays lui- même.

Qui plus est, durant les deux semaines de vifs débats qui ont suivi le dépôt de la motion, s’est produit un incident qui a perturbé nombre des 20.000 étudiants d’Oxford : le 21 février, lors d’un débat, un député a refusé de parler avec un étudiant parce qu’il était israélien.

George Galloway, bien connu outre-Manche pour ses prises de positions radicales sur le conflit, a ensuite précisé sa position sur son blog : « Pas de reconnaissance d’Israël Aucune normalisation jusqu’à ce que cet Etat d’apartheid soit vaincu ».

Ce refus de parler à quelqu’un à cause de sa nationalité a été assimilé par beaucoup à du racisme pur et simple. Du coup, lorsqu’ils ont été appelés ce 27 février à voter sur la motion, le refus des étudiants a été sans ambiguïté.

70% ont voté contre la motion. Un rejet qu’un des étudiants a expliqué ainsi :   «Le boycott va à l’encontre de toutes les positions qu’Oxford défend. L’idée que nous n’allons pas lire vos livres, ou écouter vos arguments parce que vous êtes de telle nationalité est ridicule».

Mais si le sens de la mesure a triomphé cette fois-ci, l’affaire n’est pas close pour autant. La même motion sera mise à l’ordre du jour en avril prochain, lors de la conférence annuelle du « NationalUnion of Students », qui regroupe des étudiants de tout le pays.

De façon plus fondamentale, ce coup d’arrêt n’arrêtera pas la dégradation continue de l’image d’Israël dans l’opinion et spécialement au sein des jeunes générations qui ne connaissent de l’Etat juif que sa politique d’occupation, de colonisation et de répression.

*http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/oxford-les-etudiants-rejettent-le-boycott-d-israel-1326/

 

 

 

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