L’info, d’abord révélée par la radio juive française, s’est propagée sur Twitter à vitesse grand V. Dans un échange épistolaire avec le CRIF, la Cimade Marseille (Service œcuménique d’entraide affiliée à la Fédération protestante de France) a tout bonnement refusé de s’associer aux commémorations du 70e anniversaire des rafles antisémites perpétrées sous l’occupation nazie. La raison de ce choix ? Dans un courrier adressé à la section marseillaise du CRIF, l’association d’aide aux migrants explique qu’il s’agit d’une protestation contre « la politique coloniale et guerrière de l’Etat d’Israël ». Et de continuer : « Pour nous, le devoir de mémoire est aussi et surtout celui de ne pas répéter les horreurs commises, même sur une moindre échelle… ».
Créée à la veille de la Seconde Guerre mondiale et marquée à gauche, la « Cimade a pour but de manifester une solidarité activeavec ceux qui souffrent, qui sont opprimés et exploités et d’assurer leur défense, quelles que soient leur nationalité, leur origine, ou leur position politique ou religieuse ». Dans ses publications, l’association met particulièrement l’accent sur le volet antiraciste de son action, de même que sur le respect des droits et de la dignité des personnes. Loin de ces valeurs, force est aujourd’hui de constater qu’en rejetant d’un revers de la main l’invitation à la cérémonie du souvenir des rafles nazies, la Cimade faillit à ses principes fondateurs.
Pour Richard Prasquier, président du CRIF : « Cette affaire est grave. Elle vient en complément d’années de dérive où la Cimade, s’entourant du glorieux manteau de son passé et aussi de ses activités non discutables d’aide aux déshérités de notre pays (sans papiers, etc.), a plongé dans une rhétorique anti-israélienne intempestive, violente et aveugle dont les exemples abondent et suscitent des questions quant à cette focalisation unique. Il n’est que d’écouter certaines déclarations de son délégué régional à Marseille, cosignataire de cette lettre honteuse à la Présidente du CRIF régional, pour se rendre compte qu’il n’agit pas pour aider les démunis, mais pour mener un combat politique virulent contre notre société, combat dans lequel il utilise amalgames et insinuations sans la moindre mesure ».
Suite à ces déclarations, Patrick Peugeot, le président de la Cimade, a tenu à présenter ses excuses à Richard Prasquier, expliquant qu’il se désolidarisait de sa section marseillaise. Selon Peugeot, celle-ci a « abusé » du papier officiel de la Cimade pour « s’ériger en donneuse de leçons ».
L’affaire est symptomatique de l’extrême confusion des esprits. Désormais, dans l’esprit de beaucoup de Français, le Juif est l’Israélien, le Français l’israélite, et le Sémite est forcément étranger. C’est triste, mais pour mieux épouser la (légitime) cause palestinienne, tous les moyens, même les pires, sont désormais employés : même ceux qui font des Israéliens -et, par extension, des Juifs- les nouveaux nazis…
]]>