L’Archevêque André Léonard arrosé par les Femen à l’ULB

Participant à un débat contradictoire sur le blasphème avec le professeur Guy Haarscher à l’Université libre de Bruxelles (ULB), l’Archevêque André Léonard a été la cible de quatre Femen seins nus qui l’ont arrosé d’eau en hurlant. Une action choc dont on mesure mal la portée politique. Guy Haarscher revient sur cet événement.

Que s’est-il passé lors de ce débat avec le Primat de Belgique ? G. Haarscher : Quatre Femen ont concocté avec une dizaine de photographes une action contre l’archevêque de Malines-Bruxelles. Quand nous sommes arrivés, j’ai dit à Monseigneur Léonard sur le mode de la plaisanterie qu’il attirait les photographes comme une star. Et une fois que j’ai donné la parole au Primat de Belgique après avoir introduit la conférence, quatre filles se sont dévêtues et se sont ruées vers lui pour l’asperger d’eau en scandant des slogans contre l’homophobie. Il n’a pas bougé et a fait preuve d’un calme absolu. J’avais même l’impression qu’il priait. Et ensuite elles ont été mises dehors.

Les photographes vous semblaient complices de cette action ? G. Haarscher : Oui. Ces photographes professionnels sont venus faire un coup qu’ils ont monté eux-mêmes pour vendre ensuite leurs photos à la presse. Déontologiquement, il me semble qu’il y a un problème. Le soir même, on parlait sur internet de leur action et non pas du débat sur le blasphème.

Que vous inspirent les Femen au regard de cette action ? G. Haarscher : Elles mènent des actions courageuses en Ukraine ou en Russie, mais en perturbant un débat contradictoire dans une université, elles décrédibilisent leur mouvement. Cette action est même contreproductive parce que cela a rendu Mgr Léonard sympathique auprès du public qui ne lui était pas du tout acquis. D’autant plus qu’il a ensuite tenu des propos étonnants sur le blasphème que le public ne soupçonnait pas : il est contre la criminalisation du blasphème. Cet incident grotesque montre les limites de leur action. Le mouvement va s’essouffler, surtout si elles s’obstinent à troubler des débats contradictoires dans des contextes démocratiques.

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