Des violences verbales et physiques à caractère explicitement antisémite dont la police de la commune d’Aartselaar a refusé d’acter les plaintes des deux victimes suscitent l’émoi et contraignent l’intervention du bourgmestre de la zone de police voisine (Anvers), Bart De Wever.
Les faits sont pourtant clairs : un couple de femmes, dont une Belgo-israélienne (Ruth Sverdloff) et une Belge (Cindy Meul), s’installe début mai dans un immeuble à Aartselaar (province d’Anvers). Dans les jours qui suivent et après avoir placé une mezouza sur le cadre de leur porte d’entrée, elles déclarent qu’elles ont été réveillées par des coups violents sur leur porte et par des cris antisémites : « Ouvrez ! Les Juifs ne peuvent vivre ici ! Sales Juifs ! ». Le couple a reconnu ses voisins de palier et du rez-de-chaussée.
A sa grande surprise, Ruth Sverdloff n’est pas accueillie en victime par la police communale qui refuse d’acter sa plainte au motif qu’elle ne s’exprime pas en néerlandais ! Pire, les violences se poursuivent encore pendant une quinzaine de jours.
Le 24 mai 2013, pendant l’absence de sa compagne belgo-israélienne, Cindy Meul est agressée physiquement par ses mêmes voisins. Elle est finalement hospitalisée à l’hôpital de Wilrijk (Grand Anvers) alors que la police d’Aartselaar refuse encore d’acter la plainte et que la police d’Anvers se déclare incompétente dans la mesure où les faits n’ont pas été commis sur son territoire !
Les événements se précipitent ensuite : le magazine Joods Actueel médiatise cette affaire, l’avocat bruxellois francophone et président du Parti populaire, Mischaël Modrikamen, défend les deux femmes victimes de ces violences.
Ce mercredi 26 juin, Bart De Wever recevait à l’Hôtel de ville d’Anvers les deux victimes de ces agressions afin de prendre connaissance des détails de l’affaire en prenant soin de préciser qu’en tant que bourgmestre, il n’a aucune autorité pour intervenir dans cette affaire judiciaire en raison de la séparation des pouvoirs et de son incompétence territoriale. Il s’est toutefois engagé à prendre contact avec son collègue bourgmestre d’Aartselaar, également N-VA.
L’attitude de la police pose question, mais ce n’est apparemment que le début d’une procédure qui pourra être longue et complexe dans la mesure où la police d’Aartselaar porte à son tour plainte contre les deux victimes des agressions !
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