Twitter a donc cédé et livrera à la justice les noms des twitteurs racistes. Le web sera donc un peu plus propre. Un peu seulement. Car, il ne faut pas rêver : les trolleurs seront plus prudents mais ils ne disparaitront pa.s
C’était en octobre passé : une vague de tweets racistes et antisémites reprenant les mots-dièses #unjuifmort ou #unbonjuif balayait le réseau social Twitter. Un déferlement de haine et de bêtise qui avait fait réagir plusieurs organisation, juives ou non*.
Elles avaient alors demandé à Twitter de mieux surveiller son réseau et de fournir à la police les données permettant de poursuivre les auteurs. Dans un 1er temps, Twitter avait refusé en se drapant avec hauteur dans l’étendard de la liberté d’expression.
Puis, comme cela ne marchait pas fort, ses dirigeants s’étaient réfugiés sous l’aile de la législation américaine (le siège de Twitter se trouve à San Francisco), la seule, prétendaient-ils, dont ils aient à dépendre.
Foutaises : s’il acceptait, Twitter risquait de devoir dépenser beaucoup d’argent pour traiter les plaintes que cela risquait d’entraîner. Situation bloquée. Dans ce genre de cas, seul le dialogue permet de débloquer la situation.
Il suffit de prendre son interlocuteur à la gorge, de le secouer plusieurs fois et on obtient tout ce qu’on veut. C’est ainsi qu’après avoir perdu deux procès devant la justice française, Twitter a-t-il décidé d’obtempérer. Au nom de ses valeurs humanistes, a-t-il expliqué.
Il acceptait donc avec enthousiasme de collaborer dorénavant « à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ». Foutaises : Twitter a surtout réalisé qu’apparaître comme un réseau tolérant le racisme n’était pas si bien que cela en termes d’image.
En tous cas, le réseau va donc transmettre à la justice les informations concernant les auteurs de tweets racistes. Lesquels encourent une peine d’un an de prison et 45.000 euros d’amende pour « provocation à la haine ou à la discrimination raciale ».
Voilà qui devrait, sinon faire réfléchir ces trolleurs, du moins les calmer un brin. Quoique certains d’entre eux y verront un signe de plus de la mainmise des Juifs, (Francs-maçons, Illuminati…) sur la France. Les plus futés se conteront de crier à la censure.
Et, une fois n’est pas coutume, ils n’auront pas dit pas de bêtise : c’est bel et bien de la censure. Pas contre la liberté d’expression, contre la liberté de diffamation. Laquelle n’est tolérée nulle part.
Iimagine-t-on un troll heureux?
Ni dans les médias ni dans les œuvres artistique, on n’accepte les insultes contre les Juifs, les Noirs, les Arabes, les femmes, les homos… Exceptions notables : les personnalité politiques, sous le couvert de leurs immunités.
Ou des gens comme Eric Zemmour, Véronique Genest et autres Robert Ménard, protégés par leur statut médiatique. Eux seuls osent par la parole ou l’écrit, assumer leurs rejets et leurs haines. Encore est-ce dans la réprobation générale.
Pourquoi devrait-on admettre sur Internet ce qu’on ne souffre pas ailleurs ? C’est une question qui s’est aussi posée ici, sur ce site, même si, parait-il, sa fréquentation est inférieure à celle de Twitter ou Facebook.
D’ailleurs, le nombre ne fait rien à l’affaire et le fait est que nous avons, nous aussi, nos trolleurs. Pro-Palestiniens ou pro-Israéliens, cela dépend. Beaucoup sont des fidèles. D’autres, trop occupés à sévir ailleurs, se rattrapent quand ils ont un moment.
Ils nous envoient alors une rafale de commentaires sur chacun des 4 ou 5 derniers articles parus. Tous sur le même ton, généralement hargneux. Fichue engeance, les trolleurs. Ca bourdonne, ça se pose partout, ça finit par énerver.
D’abord, comme pour une mouche ou un bourdon, on agite la main ou on les chasse vers la fenêtre. pousse vers la sortie. Parfois à force, on se saisit un d’un torchon et et clac ! Dehors, le trolleur ! Tricard, interdit de séjour. Et qui décide cela ? Selon quels critères ?
A priori, notre politique constante est de ne pas mettre en ligne un commentaire ne contenant que des insultes. Si celles-ci sont insérées dans un raisonnement, c’est selon. N’étant pas circonciseurs, nous ne coupons pas des parties de ce qu’on nous écrit.
C’est alors l’auteur de l’article qui décide de publier le tout ou non. Censure ? Hé oui. Comme celle d’un patron d’un café qui expulse un ivrogne cassant les pieds des autres consommateurs. C’est certainement une atteinte à sa liberté de boire, de crier et de gesticuler.
Triste. Très triste. Quoique : n’ayant pas de rancune, faute de souvenirs, le picoleur revient le lendemain. Tout comme le troll, astucieusement dissimulé sous un autre pseudonyme. Ou le même… Mais à quoi peut-il bien ressembler ?
On n’imagine pas un troll heureux. Solitaire oui, et désœuvré, revêche. En quête de reconnaissance. Mais incapable de communiquer, sauf en déversant sa colère sur d’autres. En définitive, cela ne doit pas être drôle tous les jours, une vie de troll.
* L’Union des étudiants juifs de France, SOS Racisme, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et d’autres
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