Le chef spirituel du Shass (le parti religieux séfarade), le rabbin Ovadia Yossef, vient d’être à nouveau admis à l’hôpital Hadassah de Jérusalem après avoir été déjà hospitalisé la semaine passée. Si les adeptes de cette figure marquante du judaïsme oriental prient pour son prompt rétablissement, les cibles de ses diatribes verbales se montreront plus réservées.
Né en 1920 en Iraq, cet ancien Grand Rabbin séfarade d’Israël a participé dans les années 1980 à la création du parti religieux séfarade issu d’une scission d’Agoudat Israël, le part ultra orthodoxe dominé par les Ashkénazes.
Considéré comme un éminent talmudiste, il a toutefois souvent défrayé la chronique par des déclarations outrancières et insultantes sur les Palestiniens, les laïques, les homosexuels, les noirs, etc.
Quelques exemples pour bien situer le personnage. Il s’est moqué du Président Obama en le traitant « d’esclave ». A une autre occasion, il a décrété que « marcher entre deux femmes, c’est marcher entre deux ânes ». A propos de Shulamit Aloni, dirigeante historique de la gauche pacifiste et laïque en Israël, il a déclaré : « Le jour où elle mourra, il faudra organiser un festin ».
Ce Sage de la Torah peut aussi inciter au meurtre de ministres. A propos de Yossi Sarid, dirigeant de la gauche sioniste et laïque et ministre de l’Education entre 1999 et 2001, Ovadia Yossef a déclaré : « C’est le mal incarné. Il faut l’extirper de ce monde, le pendre haut et court ».
Il ne faudra pas compter sur le rabbin Ovadia Yossef pour qu’il bénisse, une fois rétabli, les négociations israélo-palestiniennes relancées depuis juillet 2013. Dans un de ses sermons télévisés, il a prié pour la mort des Palestiniens : « Puissent-ils disparaître de la Terre. Puisse Dieu envoyer un fléau aux Palestiniens, ces enfants d’Ismaël, ces vils ennemis d’Israël ».
Nous souhaitons malgré tout à Ovadia Yossef nos meilleurs vœux de rétablissement. Qu’il puisse vivre jusque 120 ans… en se taisant et en (re)lisant les Maximes des Pères (Pirke Avot).
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