Jakobus Monteyne : De la guindaille au combat humaniste

Les premières Journées de la jeunesse humaniste européenne (European Humanist Youth Days – EHYD) ont rassemblé à Bruxelles début août quelque 120 jeunes venus des quatre coins de l’Europe. Objectif : créer une plateforme pour les jeunes humanistes et les inviter à participer activement au débat, comme nous l’explique Jakobus Monteyne, à l’initiative du projet.

Le président de l’association étudiante Brussels StudentenGenootschap (BSG) de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), interlocuteur privilégié entre les cercles étudiants et les autorités académiques, nous reçoit dans l’étude de notaire qui l’a récemment engagé comme stagiaire. Un décor contrastant quelque peu avec la salle des fêtes universitaire dont ce grand gaillard de 27 ans, originaire de Dilbeek, a pris la charge. Jakobus Monteyne, qui est également membre du Studiekring Vrij Onderzoek (équivalent du Librex), semble apprécier les responsabilités comme les défis. « Je me suis rendu compte il y a quelques années que la BSG bénéficiait d’une voix à l’UVV (Conseil d’Action Laïque flamand), mais ne l’utilisait pas réellement », nous confie-t-il. « J’ai donc proposé d’organiser, deux semaines avant Pâques, la “Semaine des Lumières” (Week van de Verlichting) ». Au programme : lectures, conférences et débats, en présence d’intervenants internationaux, agrémentés de chansons étudiantes, mais aussi de photos des symboles laïques retrouvés sur le campus. Un millier de personnes participeront à l’édition 2013, la troisième du genre.

Invité par l’UVV à la Conférence de l’International Humanist Ethical Union à Oslo en 2011, Jakobus Monteyne pense alors à créer une manifestation similaire à l’attention particulière des jeunes. « Il y a les JMJ que tout le monde connait, mais il y a aussi les Humanistes », souligne-t-il. Avec cette définition : « Le pouvoir réside dans l’humain et non dans une quelconque transcendance. Nous avons lancé les European Humanist Youth Days, non pas pour dire aux gens comment penser, mais pour les inviter à venir écouter les expertises données par un panel de conférenciers et pour leur permettre ensuite de participer activement au débat, c’est essentiel ».

Et de contacter toutes les organisations laïques d’Europe pour les inviter à rejoindre cet événement. De Norvège, de Grande-Bretagne, de Roumanie, du Portugal, de Moldavie, d’Allemagne, de Pologne…, ils étaient 120 jeunes âgés de 18 à 35 ans, issus d’une quinzaine de pays, à se réunir du 2 au 5 août dernier sur le campus de l’ULB. Entre workshops (théâtre d’impro, graffitis…), projection et décryptage du Da Vinci Code, conférences et débats, membres du Parlement européen, chercheurs, historiens et spécialistes de la question humaniste ont pris la parole, avant une réception qui se tenait à l’Hôtel de Ville de Bruxelles avec le bourgmestre Freddy Thielemans. Un « Freeze Protest » illustré de slogans humanistes dénonçant les violations des droits de l’homme en Europe a clôturé l’événement place de la Monnaie, sans oublier un tour culturel de la ville mêlant pour le plaisir des hôtes européens chocolat, bière, BD et surréalisme !

La laïcité organisée, un luxe

« Nous sommes conscients de notre luxe d’avoir en Belgique une laïcité organisée », relève Jakobus Monteyne, « comme les avancées que nous connaissons en matière de droit des homosexuels, d’euthanasie, etc. et nous pouvons certainement aider les autres pays dans ce domaine. Les deux grandes organisations laïques sont également présidées par deux Belges, la European Humanist Foundation avec Pierre Galand, et l’International Humanist Ethical Union avec Sonja Eggerickx. Le fait aussi que la laïcité soit reconnue chez nous comme un culte et bénéficie du financement des autorités est un avantage que la plupart des autres pays de l’Union ignorent, dépendant pour leur part exclusivement des donations ».

L’événement devrait être réédité en 2015 – 2014 étant déjà réservée à la Conférence de l’International Humanist Ethical Union à Oxford. Si Bruxelles, capitale de l’Europe, s’est avérée une évidence pour la première édition, beaucoup d’autres pays semblent déjà se presser pour organiser cette 2e édition des EHYD. Une plateforme devrait également être créée sur internet avec l’agenda des activités des différentes organisations laïques européennes. « C’est notre pluralisme qui fait notre force et nous rend plus riches intellectuellement », assure Jakobus Monteyne.

Plus d’infos :  www.ehyd.eu

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