BDS atomisé par le prix Nobel

Un des lauréats du prix Nobel de physique 2013, François Englert, professeur à l’ULB enseigne aussi à l’Université de Tel-Aviv. Cette chaire dans une université israélienne risque-t-elle de susciter une action de la part des promoteurs de la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) à l’encontre de cet éminent chercheur ? Vont-ils appeler à son boycott ?

Depuis plusieurs années, les promoteurs de la campagne BDS s’efforcent d’imposer le boycott académique et culturel d’Israël en Europe et en Amérique du Nord. Si bien souvent ces campagnes n’aboutissent pas et ne sont heureusement pas mises en œuvre par les autorités universitaires, elles créent un climat d’hostilité énorme à l’égard des Israéliens.

BDS s’est même attaqué à des artistes très engagés dans le combat pour la paix entre Israéliens et Palestiniens : une campagne contre le chef d’orchestre Daniel Barenboïm a été menée pour l’empêcher de se produire au Qatar ! Et les mêmes activistes de BDS ont virulemment dénoncé la présence à l’UNESCO de l’Israeli Palestinian Science Organization (IPSO) dont la mission est de favoriser et de soutenir la coopération entre scientifiques israéliens et palestiniens et de promouvoir leur interaction.

De nombreux universitaires et artistes européens se sont élevés contre ces campagnes aussi haineuses qu’inefficaces. Au nom de l’universalité des sciences et de la culture, une université ne boycotte pas des professeurs ni des chercheurs qui contribuent au progrès scientifique.

BDS et ses militants vont-ils pousser leur logique jusqu’au boycott de François Englert, prix Nobel de physique 2013, professeur émérite à l’Université libre de Bruxelles (ULB) enseignant aussi à l’Université de Tel-Aviv, une université dans le collimateur de l’organisation ?

En posant cette question, on comprend bien à quel point la campagne BDS ne mène à rien si ce n’est à s’attaquer à des chercheurs et à mettre en danger les institutions universitaires belges.

On ne peut que se féliciter de l’attribution du prix Nobel à François Englert et Peter Higgs, et avoir une pensée émue pour feu Robert Brout qui a également participé aux travaux des deux lauréats sur les particules élémentaires. Rappelons qu’en 2004, ils ont tous les trois été récompensés par le prix Wolf de physique, ce prix israélien considéré comme un des plus prestigieux après le Nobel.

Enfin saluons le trio international qui s’est vu décerner aujourd’hui le prix Nobel de chimie : l’Austro-Américain Martin Karplus, l’Américano-britannique Michael Levitt et l’Israélo-américain Arieh Warshel, tous spécialistes de la modélisation des réactions chimiques.

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