Malgré les appels au boycott, de plus en plus de grands noms de la scène internationale se produisent en Israël. Sans complexe et sans se sentir obligés de fournir une justification alambiquée.
Le site historique de Massada en arrière-fond et un espace aménagé susceptible d’accueillir 7.000 personnes… Le 17 octobre 2013, le DJ David Guetta et ses assistants chargés de chauffer un public acquis d’avance ne pouvaient rêver mieux pour faire suer les amateurs de Rave venus en masse. A l’instar de cette star internationale du dance floor qui s’était déjà produite à Tel-Aviv il y a quelques mois à peine, les artistes de renom sont de plus en plus nombreux à effectuer un crochet par Israël. Et à y être accueillis par un public chaleureux.
D’ici à la fin octobre, Rihanna, Charles Aznavour et Tom Jones débarqueront ainsi pour une petite tournée. Avant eux, Julien Clerc, Depêche Mode, les Pet shop boys, Jane Birkin, le Cirque du soleil et des dizaines d’autres artistes et shows à l’américaine se sont également produits dans l’Etat hébreu. Pas en catimini, puisque leurs spectacles respectifs étaient ou sont sponsorisés par des grandes marques locales, donc accompagnés de campagnes publicitaires voyantes et de nombreuses retombées dans les médias.
Le 7 juillet dernier, profitant de son premier spectacle en Israël, Julien Clerc a visité ce pays qu’il ne connaissait pas. Invité ensuite dans les studios de la chaîne satellitaire i24news, il a reconnu avoir été positivement surpris. Il a également déclaré que ce qu’il y a vu ne correspond pas à ce qu’il imaginait jusqu’alors.
Echec cuisant de BDS
Le fait que ces artistes débarquent en Israël à un rythme soutenu, qu’ils en parlent librement, et que certains tel Charles Aznavour acceptent l’invitation à rencontrer le chef de l’Etat Shimon Peres, démontre que la campagne lancée par BDS en vue d’un boycott culturel de l’Etat hébreu n’est pas aussi efficace que ce qu’en prétendent ses initiateurs. Certes, quelques grands noms du showbiz tels Stevie Wonder, Brian Eno, le groupe U2 et Roger Waters, membre fondateur des Pink Floyd, ont souscrit au boycott. D’autres -Vanessa Paradis, par exemple- ont cédé devant les pressions exercées par BDS.
Cependant, ils ne représentent pas la majorité de ceux auxquels la possibilité de se produire en Israël est offerte. En réalité, la plupart des quelques centaines de chanteurs, acteurs et cinéastes qui ont signé la charte de BDS n’auraient de toute façon jamais été invités dans l’« entité sioniste ».
L’échec des partisans du boycott est encore plus flagrant dans le secteur commercial, puisque les exportations israéliennes se portent plutôt bien et qu’elles soutiennent une croissance annuelle du PIB de 3,6%. Une performance comparée aux dixièmes de pour cent qu’affichent péniblement la plupart des pays européens.
Bien sûr, depuis 2010, des syndicats norvégiens se sont engagés à ce que les dockers refusent de débarquer des produits « made in Israël ». Des chaînes de magasins hollandaises et britanniques ont également promis de ne plus commander dans l’Etat hébreu ou de ne plus acheter des produits fabriqués dans les Territoires occupés. Cependant, aussi spectaculaires soient-elles, ces prises de position restent minoritaires. Quant à leur influence économique, elle est insignifiante.
Au niveau académique, les résolutions prises par des universitaires sud-africains et britanniques ne sont pas non plus d’un grand effet, même si le professeur Stephan Hawking a refusé une invitation de Shimon Peres en mai dernier. Quoi qu’en disent les partisans du boycott, les contacts universitaires se poursuivent avec la même intensité. Mais plus discrètement.
A la mi-octobre s’est en tout cas déroulée à Tel-Aviv une rencontre internationale de la high-tech. Des centaines de chercheurs et de responsables de start-up ont été invités et si quelques-uns se sont désistés parce qu’ils s’étaient déjà engagés ailleurs, aucun ne l’a fait pour des raisons politiques. Pour l’occasion, Google avait d’ailleurs envoyé une forte délégation et Facebook a annoncé l’ouverture d’un bureau d’étude en Israël.
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