Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders s’est entretenu ce lundi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, la ministre de la Justice et négociatrice de paix Tzipi Livni, ainsi que le Président israélien Shimon Peres. Un climat général chaleureux qui, selon le ministre belge, démontre la volonté d’aboutir à un accord.
« On ne peut jamais parler de dernière chance, mais si cette nouvelle opportunité d’aboutir à un accord pour le 29 avril n’est pas saisie, l’évolution sur le terrain de la situation risque d’empêcher la solution à deux Etats ». Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders en est convaincu et l’a répété aux représentants israéliens, au Premier ministre et au Président, comme il l’avait fait quelques jours plus tôt à l’Autorité palestinienne.
Le ministre Didier Reynders a profité de sa venue pour signer un accord qui renforcera les relations bilatérales, grâce à une réunion annuelle entre les diplomates belges et israéliens autour de sujets d’intérêt commun. L’accord confirme par ailleurs la possibilité pour les membres des familles de diplomates, en fonction en Israël et en Belgique, d’avoir une activité professionnelle lucrative dans ces pays durant la période de la mission diplomatique ou consulaire.
Le ministre s’est également entretenu, dans un échange « chaleureux, mais aussi franc et sincère » avec le Premier israélien sur les récentes constructions autorisées par le gouvernement dans les colonies. « Benjamin Netanyahou connait notre point de vue, celui de la Belgique et celui de l’Europe qui jugent les colonies illégales au regard de la loi internationale. Il estime de son côté qu’elles ne le sont pas et qu’il s’agit juste d’une extension de colonies existantes. On est alors en droit de se poser la question suivante : est-il opportun d’annoncer de nouvelles constructions pendant une période de négociations, alors qu’on demande dans le même temps aux Palestiniens de ne pas poser d’acte unilatéral, à l’ONU ou à l’UNESCO par exemple, qui risquerait de constituer un obstacle aux négociations ».
Conscient de la complexité de la situation malgré le calme apparent de ces derniers jours, et de la priorité accordée par Israël à la question nucléaire en Iran, Didier Reynders a encore affirmé que la Belgique avait un rôle à jouer, en plus des pont et partenariats qu’elle établit déjà avec les deux parties, que ce soit dans le domaine de la santé, de l’éducation ou de la gouvernance locale. « Nous ne sommes pas là pour donner des leçons et ce n’est pas à nous bien sûr de décider de la délimitation des frontières ou du statut de Jérusalem. Ce qui sortira de l’accord entre les parties deviendra l’accord de la communauté internationale ». Il souligne : « Outre notre disponibilité pour des rencontres à Bruxelles formelles ou non, notre fonction de plateforme européenne, nous pouvons aider par notre expérience. Parce que l’Europe a vécu au siècle dernier les deux conflits mondiaux les plus meurtriers et que seule l’intégration régionale a permis de sortir de cette situation. Si l’on arrive à une solution à deux Etats, il faudra voir quelle sera l’attitude de chaque Etat indépendant à l’égard de ses populations minoritaires, c’est essentiel ».
Des limites difficiles que chacun des partenaires, en dépit de la méfiance actuelle difficile à briser, devra accepter de franchir s’il souhaite garantir la sécurité de son pays, respecter la dignité des uns et des autres et relancer l’activité économique dans la région. « Avec cette nécessité de montrer que l’on a quelque chose de concret pour parvenir à convaincre son opinion et poser ensuite des actes pour mettre cet accord en oeuvre ».
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