La cacherout désigne l’ensemble des règles qui gouvernent les aliments autorisées à la consommation. Et est considéré comme « cacher » l’aliment convenant rituellement à la consommation.
Les règles de la cacherout s’appliquent essentiellement à la viande, à la volaille, au poisson et aux laitages. Dans la Genèse, on peut lire qu’il est interdit de manger un membre animal vivant et de consommer du sang. Quels sont les animaux autorisés par la loi ? Le livre du Deutéronome énonce des critères précis : « Toute bête qui a le pied onglé, l’ongle fendu en deux, et qui fait partie des ruminants, vous en mangerez ». Les animaux ne répondant pas à tous ces critères sont exclus. Ainsi, le porc a le sabot fendu, mais il ne rumine pas. Tout comme le chameau rumine, mais son sabot n’est pas fendu ! Le texte biblique énumère néanmoins des animaux autorisés. Concernant la volaille, le livre du Lévitique ne donne aucun critère, mais il dresse la liste des oiseaux interdits. Quant aux poissons, le Lévitique n’autorise à la consommation que ceux pourvus de nageoires et d’écailles. Les crustacés et les fruits de mer sont interdits.
Il ne suffit pas qu’une bête soit autorisée pour être consommée. Il faut ensuite l’abattre selon la méthode spécifique de l’abattage rituel, la Chehita. Cet abattage s’effectue par égorgement en fendant rapidement l’œsophage et la trachée avec un couteau aiguisé comme un rasoir. La mort est presque instantanée. Certaines portions d’animaux autorisées sont également interdites. Ainsi le nerf sciatique ne se mange pas. Il doit être ôté.
Enfin, il existe des associations d’aliments que la loi juive interdit : la viande et le lait. Non seulement on ne peut les mélanger dans une cuisson ou une préparation, mais on ne peut les consommer au même repas. C’est aussi la raison pour laquelle il est prévu une vaisselle pour la viande et une autre pour les laitages.
Bien que la cacherout apparaisse comme un élément essentiel du dispositif de la pratique du judaïsme, ni la Bible ni les Sages du Talmud n’avancent la moindre explication pour justifier ces règles très strictes. Certains ont essayé de les justifier sur le mode hygiénique, mais ces tentatives ne font absolument pas autorité. Pourtant, au-delà de son aspect purement rituel, la cacherout comporte des significations profondes. Tout d’abord, il ne faut jamais perdre de vue qu’il s’agit de la première loi inscrite dans la Torah. Elle n’est pas donnée au peuple juif, mais à l’Humanité. « Le premier commandement donné à Adam consiste à lui interdire de manger le fruit de l’arbre », explique le rabbin David Meyer. « L’essence même de la cacherout réside dans cette injonction faite à Adam dans la Genèse. Dieu demande à l’Humanité de contrôler son instinct de survie. En posant un interdit sur un aliment comestible, l’ordre divin établit clairement une distinction entre l’homme et l’animal. De nombreux animaux ne mangent pas n’importe quoi, mais c’est de l’ordre de l’instinct alors que l’homme est capable de contrôler son instinct de survie en ne mangeant pas des aliments comestibles qu’il pourrait manger ».
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