Plusieurs bilans des actes racistes d’une année 2012 particulièrement violente viennent de paraître. Par simple comparaison, on peut donc savoir quelle communauté de France a été le plus visée.
La conclusion des auteurs du Rapport annuel sur l’antisémitisme* est sans ambiguïté : « 2012 a été une année de violences sans précédent contre les Juifs de France. Les violences antisémites ont augmenté de 58% »
Tout aussi accablant, le Bilan 2012 des attaques contre les musulmans** : « Elles ont augmenté de 25% par rapport à 2011. Chaque jour de 2012 en France, un individu a été victime d’islamophobie***».
Oui, disent les Juifs mais les violences antisémites ont été beaucoup plus violentes : entre les tirs de Mohamed Merah (Toulouse) et l’attentat contre un magasin cachère de Sarcelles, il y a eu 4 morts et 2 blessés.
D’accord, répliquent les seconds mais la différence, c’est que l’Etat, la classe politique, les médias, etc. condamnent l’antisémitisme. Alors qu’à l’inverse, ils contribuent au développement de l’islamophobie.
Un exemple parmi bien d’autres : les lois contre le voile. Depuis leur adoption, 76% des agressions physiques ou verbales ont été dirigées contre des femmes. Hum… Essayons autrement : de quel côté compte-t-on le plus de victimes ?
Alors… 614 actes antisémites ont été recensés en 2012 dont 96 agressions physiques. Côté musulman, on a commis 414 actes islamophobes dont 364 attaques contre les individus. Bien, match nul alors.
Juifs et musulmans sont ex aecquo les deux catégories religieuses les plus agressées de France. « Tss-tss, intervient alors un 3ème interlocuteur, et les actes christianophobes, qu’en faites vous**** » ? Nouvelle litanie de chiffres :
Pour les 9 premiers mois de 2013, sur 667 lieux de culte vandalisés, 543 étaient catholiques (édifices religieux : 352 ; sépultures : 191). Sans compter 250 manifestations publiques de christianophobie, dont 8 agressions de prêtres. (Vade retro, Femen !)
Coincé. A moins d’intégrer un nouveau critère… La proportion entre le nombre d’actes et la population concernée, mettons. Du coup, le grand vainqueur…. Heu, on fait quoi, là ? On joue à « Plus persécuté que moi, tu meurs » ?
Et on se donne de grandes tapes dans le dos lorsque sa communauté est en tête de la course aux agressés ? Comment en est-on arrivé à cette folie que les médias nomment « concurrence victimaire » ?
Comme souvent, à reculons. Ou, si l’on préfère, en laissant une minorité instrumentaliser à ses fins propres des faits bien réels. Chez les Juifs, c’est le « Service de protection de la communauté juive » qui publie le « Rapport annuel ».
Certes, il s’agit d’une organisation apolitique dont le travail se base sur les chiffres du Ministère de l’Intérieur. Mais son travail est directement récupéré par les ultra-sionistes de la communauté pour inciter les Juifs à fuir la France (l’Europe) vers Israël.
On n’est pas plus à raciste à demi qu’on n’est à moitié vierge.
Chez les Musulmans, les données sont recueillies par le « Collectif contre l’islamophobie en France » (CCIF), un groupe intégriste en opposition frontale avec la principale organisation musulmane, le « Conseil français du culte musulman », jugé trop « collabo ».
Enfin, chez les chrétiens, « l’Observatoire de la christianophobie », est un groupuscule de croyants d’extrême-droite que ne reconnait aucune hiérarchie religieuse qu’elle soit catholique, protestante ou orthodoxe.
Or, chacune de ces organisations a son « agenda caché » : certains ont intérêt à effrayer, autant que faire se peut, les Juifs. Le CCIF veut, lui, montrer aux musulmans l’inanité de l’idée d’intégration afin de les amener à ses conceptions extremistes.
Quant à l’Observatoire, il veut mobiliser à nouveau l’armée des croyants, affaiblie, selon lui ,par les avancées de l’Eglise vers la modernité, que ce soit dans des domaines de la foi, des rites ou des mœurs.
Mais ce faisant, tous réduisent le racisme à une question de religion. Rien n’est plus inexact. Ceux qui commettent des actes antisémites en veulent aussi –voire surtout- à la politique israélienne et/ou au supposé complot juif pour dominer le monde.
De leur côté, les « islamophobes » ont également –voire d’abord- des comptes à régler avec « les Arabes ». Et ceux qui prétendent défendre l’Eglise éternelle cachent mal que leur combat vise surtout à rétablir la domination de la race blanche sur les ethnies inférieures.
La réalité est que le racisme est en progression partout où sévissent les crises identitaire et/ou économique. Pour le vérifier, si besoin est, il suffit de considérer l’immonde campagne de haine contre Christiane Taubira, l’actuelle Garde des Sceaux.
Elle n’a rien à voir avec sa religion et tout avec la couleur de sa peau. L’esprit du temps ne devrait donc pas être à ces « concurrences victimaires ». Car, en face, on n’est pas plus à raciste à demi qu’on n’est à moitié vierge.
Même s’il a des cibles prioritaires, le racisme est un. Ses ennemis sont tous ceux qui n’entrent pas dans ses normes étroites. Face à lui -et l’histoire n’a cessé de le démontrer-, vouloir défendre chacun son pré carré, n’est-ce pas d’office courir à la défaite ?
*** « Islamophobie » : le terme est impropre car il veut faire passer toute critique de l’intégrisme musulman comme une agression contre l’ensemble de cette religion.
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