On choisit sa victime au hasard et on la frappe par derrière. Si elle tombe, on a gagné et on poste sur You Tube. C’est un « jeu » en vogue aux Etats-Unis. A New York, huit des dernières victimes étaient juives. Antisémitisme ? Oui, bien sûr. Mais pas seulement.
C’était ce vendredi 29 novembre, à New York : une passante, Yvonne Small, 76 ans reçoit un coup violent sur la nuque. Elle tombe évanouie sur le sol. Comme le montrent les images de vidéo-surveillance, le jeune homme qui l’a agressée ne tente pas de voler ni son collier ni son sac.
Il la tape puis s’enfuit en rigolant. Bien que l’attaque ne soit pas (encore ?) passée sur le Web, on peut donc imaginer qu’il participait à un nouveau « jeu » : on marque un point quand on fait tomber d’un coup de poing un passant choisi au hasard. Cela s’appelle le « knockout game », « le jeu du KO ».
Une violence gratuite, tellement brutale et stupide que la police l’a longtemps considérée comme une légende urbaine. Sauf qu’à l’inverse de la fable des crocodiles prospérant dans les égouts, on peut voir des vidéos du « jeu du KO » sur Internet.
Et, depuis la 1ère attaque, répertoriée en 2008, il y en aurait eu plusieurs dizaines qui ont causé la mort d’au moins 7 personnes. Mais alors, pourquoi les médias en ont-ils si peu parlé? Deux théories s’affrontent :
D’une part, la droite ultra-conservatrice, souvent paranoïaque, crie au complot. Cette « censure » s’expliquerait, selon elle, par le « politiquement correct » en vigueur dans les médias « libéraux » (au sens américain du terme*).
Comme les agresseurs sont toujours des Noirs (pauvres) qui s’en prennent à des Blancs ou des Asiatiques plus aisés, les grands médias étoufferaient systématiquement les affaires où il est question de race et de classe.
Ils les dissimuleraient en parlant de « jeunes » et de « victimes » sans précisions raciales et surtout en ne donnant pas un tableau d’ensemble de ces attaques. Une idée amplifiée dans un livre** auto-édité
L’auteur d’extrême-droite y décline une centaine de villes où ont été commises toutes sortes d’agressions anti-Blancs : insultes, vandalisme, vol, viols, agressions et meurtres. Parmi ces derniers, figure en bonne place le « jeu du KO ».
En fait, estime l’auteur, comme la police et les politiciens, la presse tente de dissimuler cette terrible vérité : les Noirs ont lancé une guerre raciale contre le reste des Américains… Les autorités policières expliquent, elles que tout cela n’a guère de sens.
Pourquoi s’intéresser à ces agressions là parmi les centaines de milers de crimes annuels ? «Le crime est daltonien, expliquent-elles. La race n’est pas un critère important pour les criminels »
« Ils ne revendiquent rien, ils ne sont même pas en colère »
Même discours chez les libéraux : le « jeu du KO » existe mais il n’existe aucun chiffre montrant qu’il a un contexte racial. De même ne peut-on prouver ces agressions soient autre chose que des épiphénomènes.
Selon un chercheur, « aucune donnée ou statistique ne confirme que le « Jeu du KO » serait un phénomène d’ampleur nationale ni qu’il se répand dans le pays». Mais voilà que ces agressions ont acquis une nouvelle dimension.
Depuis fin septembre de cette année, à New York, 8 des 10 attaques de ce type, toujours conduites par de jeune Noirs ont été commises contre des Juifs, Toutes dans des quartiers de Brooklyn habités par d’importantes population juives.
Exemple, Crown Heights, où résident nombre d’ultra-orthodoxes (surtout des Loubavitch) faciles donc à reconnaître à leur tenue. Ou Williamsburg, peuplé de dizaines de milliers de Juifs appartenant à diverses sectes hassidiques.
Dernière victime en date, Eli Leidner, 26 ans, un Juif ultra-orthodoxe. En rentrant chez lui, vers 23h, il est agressé par un couple. La femme lui donne un coup de poing en pleine face, il s’effondre pendant qu’elle s’enfuit en riant hystériquement.
Avant lui, il y a eu un touriste israélien de 19 ans, Israël Blizovsky, lui aussi haredi. Là, c’est en croisant un groupe d’adolescents noirs : « Tout à coup, l’un d’eux m’a envoyé son poing dans le visage. Les autres ont ri et continué leur marche comme si de rien n’était »
Ou encore un gamin de 12 ans et plusieurs vieilles personnes. Tous juifs et sans que jamais le vol soit la raison de l’attaque. Même s’il n’y a pas encore eu de blessure grave ou de décès, il va de soi que cette variante du « jeu », surnommée « Knockout the Jew » (« Assomme un Juif »), effraie sinon terrifie la communauté.
Si le côté raciste est indéniable, reste la question de savoir d’où il provient. Certains, toujours les mêmes, reprennent le concept du « choc des civilisations » : des Noirs musulmans pro- Palestiniens s’en prennent à des Juifs blancs et pro-israéliens.
D’autres leur prêtent des motivations beaucoup plus primaires : selon eux, ces adolescents sont trop idiots pour s’intéresser à la politique ou la religion. D’après un professeur de psychologie, spécialiste des comportements violents :
« Ils ne revendiquent rien, ils ne sont même pas en colère. Ils veulent juste mesurer leur force, savoir s’ils peuvent mettre quelqu’un KO » Plus, bien sûr, le plaisir de se retrouver sur les réseaux sociaux.
Et de dénoncer le risque de voir les médias aggraver le phénomène en le dénonçant avec trop de vigueur. Ce ne serait pas leur 1ère prophétie autorisatrice…. Mais de là à transformer la presse en boucs émissaires, il y a davantage qu’une nuance.
Les vrais coupables, ce sont ces brutes imbéciles, en guerre avec tous ceux, Juifs ou non, qui ne font pas partie de leur gang. Pas de quoi bien sûr, ni consoler ni rassurer les haredi…
*Aux Etats-Unis, contrairement à l’Europe, le terme « libéral » désigne les gens de (centre) gauche et non la droite modérée.
** « Les filles blanches saignent beaucoup » d’un nommé Colin Flaherty. Ce serait une remarque d’un adepte noir du « Jeu du KO »
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