Le Président israélien a affirmé qu’un Etat laïc est aussi « illogique qu’impossible »*. Etonnant chez un homme qui a fait toute sa carrière au sein de partis anti ou a-religieux.
« Nous n’avons pas d’autres choix que de réunir les haredi et les laïcs pour discuter de la façon dont nous souhaitons administrer ce pays. Il est aussi illogique qu’impossible de dire que nous allons avoir un Etat laïc ».
Quelle mouche a donc piqué Shimon Pérès pour tenir de tels propos ? Depuis qu’il a été élu député pour la 1ère fois en 1959, avant d’occuper d’innombrables postes ministériels et être à trois reprises 1er Ministre, il a toujours été membre soit du parti travailliste soit de Kadima.
Deux partis, qui, même s’ils se sont alliés avec eux, n’ont jamais eu, pour le dire aimablement, d’atomes crochus avec les ultra-orthodoxes. Alors ? Alors, si on exclut un retour à la foi chez un homme qui, quoique réputé éternel, a tout de même 91 ans, on ne voit qu’une explication.
Avec cette gentillesse qui lui est naturelle, Sh. Pères aura voulu être aimable avec son auditoire : il a tenu ces propos durant une conférence à l’institut de technologie Machon Lev (Jérusalem) fréquenté surtout par des ultra-orthodoxes.
C’est sans nul doute pourquoi il a laissé passer sans réagir une question insultante pour le gouvernement qu’il a lui-même désigné, celle d’un étudiant qui évoquait « une attaque sans précédent pour tenter de diffamer le mouvement ultra-orthodoxe à propos du service militaire».
« L’attaque sans précédent » n’étant autre que l’obligation faite aux jeunes « haredi » d’être enfin utiles à cette société israélienne qu’ils méprisent mais dont ils prennent l’argent. En accomplissant un service militaire ou civil et en –Dieu garde !- travaillant pour vivre.
Parti de la sorte, le président israélien a donc multiplié les déclarations… intempestives : « Il est hors de question qu’Israël devienne le seul endroit au monde sans yeshiva (école religieuse) ».
Après s’être opposé à cette demande que nul n’a jamais formulée, il a encore déclaré : « Il existe une grande diversité d’opinions et de courants au sein du judaïsme, mais le dogme central de base réside dans les Dix Commandements ».
Et donc: « Je ne vois donc pas comment vous pourriez séparer le judaïsme de l’Etat. ». Conclusion : « Malgré les tentatives des laïcs pour imposer plus de sécularisation, Israël est restera un Etat juif ».
On ne doute pas que ces aimables propos aient été applaudis avec chaleur par le public ultra-orthodoxe. Quand aux autres Israéliens, ils éprouveront peut être moins de regrets à voir se terminer d’ici quelques mois, son mandat présidentiel…
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