La Commission européenne célèbre la Journée internationale de l’Holocauste

Ce lundi 27 janvier 2014, le CCLJ, à travers son programme d’éducation à la citoyenneté « La haine, je dis NON ! » a inauguré son exposition « Destins d’enfants juifs survivants en Belgique sous la tourmente nazie » présentée à la Commission européenne dans le cadre de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste.

Quelque 200 personnes étaient présentes pour écouter les discours et témoignages des intervenants.

Madame Reding, vice-présidente de la Commission européenne, a ouvert la cérémonie en rappelant que si sa génération avait éradiqué la guerre, il était indispensable d’outiller la nouvelle génération afin qu’elle puisse bannir le mot « discrimination ».

Elle a ensuite cédé la parole à Madame Süssmuth, ancienne présidente du Bundestag allemand, qui, après avoir interpellé les politiques quant à la nécessité de continuer à structurer l’arsenal juridique pour lutter contre les formes multiples du racisme, a rappelé le sort douloureux des Rom et des Sinti sous le 3e Reich.

A son tour, son excellence David Walzer, ambassadeur d’Israël auprès de l’Union européenne, a souligné l’importance de l’enseignement et de l’éducation dans ce combat citoyen, ici et ailleurs dans le monde.

Puis, deux de ces enfants Juifs ayant survécu à la tourmente nazie, Marie Pinhas et Henri Kichka, accompagnés par Véronique Ruff, conseillère pédagogique du programme « La haine, je dis NON ! » ont confié leur témoignage à une audience attentive et émue. Ces récits de vie étant soutenus à la flûte par Jean-Marc Finn, directeur culturel au CCLJ.

Finalement, Henri Gutman, président du CCLJ, conclura par ces mots : « Vous connaissez, sans doute, le rôle que le canari avait dans les mines de charbon : celui d’un détecteur de gaz toxiques. Quand l’oiseau jaune suffoquait, les mineurs comprenaient qu’il fallait remonter au plus vite. Les Juifs, et les femmes aussi, sont les canaris historiques de nos sociétés et à présent, cela commence à nouveau à sentir mauvais ».

Le programme « La haine, je dis NON ! » a été salué pour le travail de sensibilisation mené au quotidien dans la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la discrimination.

La cérémonie s’est poursuivie sur les notes de musique Klezmer du groupe Kroupnik.

Le Parlement européen, pas en reste

Le Parlement européen aussi, de son côté, a commémoré la Journée mondiale du Souvenir, au cours de laquelle MM. Martin Schulz, président, Antonis Samaras, Premier-ministre grec, Moshe Kantor et Ronald Lauder, respectivement président du Congrès juif européen et mondial, ont successivement rendu hommage aux victimes de l’Holocauste.

Ils ont rappelé  l’indifférence  face à la persécution, la sauvagerie inouïe des bourreaux, le rôle héroïque des Justes parmi les Nations. Entre autres : Aristides de Sousa Mendes, consul général  du Portugal à Bordeaux qui, défiant les instructions officielles, sauva, en juin 1940, des milliers de réfugiés juifs. Evocation aussi de la déportation de 457.000 Juifs hongrois, de près de 90 % de la population juive de Grèce… Un des moments forts de la soirée : l’interview filmée d’un représentant  de la Croix-Rouge internationale, venu, le 23 juin 1944, se rendre compte « de visu » des conditions de vie des détenus de Theresienstadt, ghetto-camp à Terezin ( Tchéquie), camp de transit vers la mort. La Croix-Rouge avait établi un rapport sans commune mesure avec la réalité. L’intervenant face au délégué : « Vous avez été piégé. Une mascarade. Tout a été organisé par les nazis, par des répétitions générales obligatoires sous la menace, pour « embellir » la vie du camp. Et vous y avez cru ! » Après la visite de la Red Cross -joli succès de prestige-, les transports vers Auschwitz se sont poursuivis. Une soirée européenne marquée par un appel au renforcement de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

L’exposition du CCLJ accrochée dans les couloirs du bâtiment « Charlemagne » de la Commission européenne restera accessible jusqu’au 6 février 2014.

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