Qui pour remplacer le président Shimon Pérès ?

Fin juillet, le 9ème  Président de l’Etat d’Israël achèvera son mandat de sept ans. Comme il ne peut pas se représenter, les candidats se bousculent pour lui succéder.  Mais ce poste est-il vraiment nécessaire ? Et si oui, comment l’élire ?

Et si Shimon Pères, élu le 15 juillet 2007, était le dernier Président de l’Etat juif ? Après tout, il s’agit d’un poste à peu près aussi honorifique que celui de Roi des Belges : signer les lois et les traités, désigner les juges à la Cour Suprême, ce genre de choses. Ah, il dispose du droit de grâce aussi.

Toutes prérogatives dont le 1er Ministre peut aisément prendre en charge.  Aussi, selon la presse israélienne, le gouvernement étudie-t-il différentes options pour soit moderniser soit carrément supprimer la fonction.  

B. Netanyahu chercherait même à prolonger le mandat de Sh. Pères d’un an afin d’y réfléchir en toute tranquillité.  Ceci étant, attentif  aux sondages comme le 1er Ministre l’est, il devrait renoncer à l’idée d’abroger la Présidence.

Déjà, c’est la deuxième institution en laquelle les Israéliens ont le plus confiance, juste après l’Armée. En plus, selon un sondage récent*, 63,8% des Israéliens sont opposés à sa suppression….

Par contre, une majorité encore plus importante (72%) voudrait que ce ne soient plus les 120 députés de la Knesset qui élisent le Président. « Trop de manœuvres politiciennes », expliquent-ils.

Souci pour le 1er Ministre : élire le Président au suffrage universel lui donnerait un poids politique tel qu’il serait aussi impossible qu’absurde de le reléguer à l’inauguration des chrysanthèmes.

Mais augmenter ses pouvoirs risquerait, par la simple force des choses, de mener à l’instauration d’un régime présidentiel et sans doute, dans la foulée, à une modification du système de vote, de la proportionnelle actuelle à un scrutin majoritaire.

Lorsque la France l’a entrepris en 1958, à l’instigation du Général de Gaulle, cela a été une véritable révolution (d’aucuns ont même évoque « un coup d’Etat ») et a balayé la IVème République au profit de la Vème.

B. Netanyahu, à supposer qu’il y trouve son  intérêt, est-il en capacité d’entraîner le pays dans un tel bouleversement ?  Le parti travailliste, en tous cas, n’y croit pas : même si l’idée n’est pas mauvaise en soi, elle n’aboutira à rien, estime-t-il.

Simple démagogie de la part d’un 1er Ministre qui fait mine de reprendre les vœux de la population, toujours selon  l’opposition. Dans un autre domaine, on notera une autre réponse de ces sondés qui doit déranger Shimon Pères, lui aussi friand des enquêtes d’opinion.

Même un Prix Nobel….

A la question : « Les anciens présidents doivent-ils être autorisés à revenir en politique après leur mandat ? », les Israéliens ont répondu « non » à  54.6 %. Une pierre dans le jardin du futur ex-Président qui se verrait sans doute bien reprendre la tête d’un parti existant ou à créer.

Cela ne devrait pas l’arrêter : après tout, il n’a que 91 ans et ce ne serait pas la 1ère fois qu’il serait impopulaire… Quoi qu’il en soit et en attendant une éventuelle modification de son statut, la Présidence de l’Etat attire un nombre de candidats jamais vu.  

Il y a bien sûr les députés ou ministres en activité : Reuven Rivlin ( Likoud ) par exemple, ancien Président de la Knesset et déjà candidat malheureux en 2007. Ou l’ancien chef du parti travailliste et ex-ministre Benjamin (Fouad) Ben-Eliezer.

Ou encore Dalia Itzik de Kadima, elle aussi ancienne présidente du Parlement et qui fut même Présidente de l’Etat par intérim de janvier à juillet 2007, lorsque Moshé Katsav fut suspendu.  Sans oublier les candidats dont on attend qu’ils se déclarent :

L’actuel ministre du Tourisme, Uzi Landau (Israël Beteinu) et Silvan Shalom (Likoud) au Développement. Candidats aussi, les « Grands Anciens » du Likoud, Moshe Arens, ex patron de la Défense ou David Levy (Affaires étrangères)

Mais, ce qui est beaucoup plus rare, concourent aussi des gens qui ne font pas partie du sérail politique tels l’ex-dissident  Nathan Sharansky, président de l’Agence juive ou Dalia Dorner, Juge à la Cour suprême en retraite.

Et, last but not least, le très populaire Dan Shechtman, Prix Nobel de Chimie en 2011 qui n’a certainement pas oublié que le 1er Président de l’Etat, (1949-1952) Chaïm Weizmann était chimiste, lui aussi …

D. Shechtman est d’ailleurs bien placé dans les premiers sondages : il est crédité de 18,6% des voix juste derrière Reuven Rivlin (20.5%), l’autre tournant autour de 5% ou moins. Mais bien sûr, d’ici juillet, tout peut encore arriver, le pire comme le meilleur…

*12/2/14 par l’Institut New Wave Research  (http://www.tel-avivre.com/2014/02/16/72-des-israeliens-veulent-un-president-elu-au-suffrage-universel-et-pas-par-la-knesset/)

 

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