Au Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire, la grande exposition « 14-18, c’est notre histoire ! » révèle au grand public les réalités de la Grande Guerre dans notre pays. Une exposition événement qui évoque les grands moments de ce conflit, véritable « matrice du 20e siècle ».
Réalisée par la société Tempora, connue pour son expertise dans la mise en scène de grandes expositions d’histoire culturelle, « 14-18, c’est notre histoire ! » se veut la grande exposition de référence des commémorations de la Première Guerre mondiale et bénéficie d’importants soutiens financiers du gouvernement fédéral belge comme des trois régions. Mettant en valeur les collections du Musée royal de l’Armée, l’exposition montre aussi pour la première fois à Bruxelles une sélection d’objets personnels de l’empereur Guillaume II, conservés à la Huis Doorn aux Pays-Bas, résidence du monarque déchu après 1920.
Articulé en cinq séquences, le parcours de l’exposition révèle d’abord au visiteur l’Europe triomphante et insouciante au temps de l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, lorsque le roi Albert Ier fait visiter notre capitale à Guillaume, venu à Bruxelles pour visiter l’exposition. Puissance des monarchies européennes, domination coloniale planétaire, civilisation européenne à l’apogée de son développement économique et militaire, mais aussi rivalités intenses dans la lutte pour l’hégémonie géopolitique et systèmes d’alliances censés garantir la paix des Etats, mais qui font basculer le monde dans l’horreur au « bel été 14 ». Suite à l’attentat de Sarajevo, l’explosion des tensions internationales pousse l’Allemagne à adresser un ultimatum à la Belgique le 2 août. Une grande salle au sol couvert par une imposante carte de la Belgique évoque les principales stations du martyre du pays envahi par les armées allemandes : de Liège et Dinant à Anvers et Nieuport. Aux murs, des images d’archives cinématographiques vues sur grands écrans et une ligne du temps font entrevoir les grandes étapes du conflit mondial, batailles acharnées du front de l’Ouest, mais aussi théâtres de guerre lointains : guerre sous-marine dans l’Atlantique, grande révolte arabe, génocide arménien…
Quatre années d’occupation
Empruntant une reconstitution de tranchée, le visiteur découvre la survie des soldats qui, au milieu des plaines inondées de l’Yser, défendent pendant près de quatre ans le Westhoek, ce petit bout de Belgique qui a résisté à l’invasion allemande. Collection d’uniformes et d’armes, mais aussi objets du quotidien documentent l’histoire militaire de ce long affrontement. Pour la majorité des Belges, ce n’est pas la guerre des tranchées sur le front des Flandres, mais la réalité de quatre années d’occupation qui caractérise la Grande Guerre dans notre pays. L’occupation est racontée dans quatre lieux symboliques dont les décors reconstituent un bureau de la Kommandantur de Bruxelles, siège de l’administration militaire allemande, un « magasin américain » où s’effectue la distribution des vivres acheminés en Belgique occupée grâce à la solidarité des pays neutres (en particulier des Etats-Unis), aussi un café où une projection de cinéma évoque la nécessité des spectacles et des loisirs dans un pays asservi, soumis au pillage économique et aux déportations de civils astreints au travail forcé en Allemagne. Enfin, un décor de prison montre l’intensité de la résistance et de la répression en Belgique occupée.
La fin de la guerre est marquée par l’offensive libératrice de l’armée belge à partir du 28 septembre 1918. Quartier-général allemand en Belgique occupée, Spa accueillera les commissions d’armistice qui préparent le traité de Versailles. Dernière étape de la confrontation entre Albert Ier et Guillaume II qui constitue un des fils rouges de l’exposition, l’exil du monarque allemand aux Pays-Bas contraste avec la gloire internationale de notre souverain, le « Roi Chevalier ».
La fin de l’exposition confronte le visiteur au bilan du conflit mondial et à ses terribles conséquences. Dans leur contribution à la publication scientifique qui accompagne l’exposition, Elie Barnavi et Krzysztof Pomian, historiens du Musée de l’Europe, soulignent à quel point la connaissance de l’histoire de la Grande Guerre, « matrice du 20e siècle » est indispensable à notre compréhension de l’Europe d’aujourd’hui : c’est de 14-18 que surgirent la révolution bolchévique, le fascisme et le nazisme…
Exposition « 14-18, c’est notre histoire ! », à voir jusqu’au 26 avril 2015 au Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire.
Ma-Ve 9-17h, Sa-Di et vacances scolaires 10-18h. Plus d’infos : www.expo14-18.be
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