Le 26 août 2013, nous vous annoncions la rentrée des secondaires de l’Athénée Maimonide rue du Beau-Site, à deux pas de l’avenue Louise, à Ixelles. Le projet de la nouvelle asbl constituée pour l’occasion « Maimo demain » aura tout juste duré un an… La rentrée 2014 se fera en effet au Boulevard Poincaré. Retour à la case départ ? Plutôt « une belle expérience » de l’avis de la direction.
La nouvelle d’un nouveau déménagement de Beau-Site à Poincaré s’est vite répandue dans la communauté, allant même jusqu’à évoquer la fermeture pure et simple de l’Athénée. Si la seconde information n’est que rumeur, la première est bien réelle en revanche. Après bilan et réflexion, le conseil d’administration de l’Athénée Maimonide a finalement opté pour le retour au Boulevard Poincaré où étaient d’ailleurs restés les primaires, la section maternelle et la crèche. Si l’asbl « Maimo demain » constituée à l’époque par une poignée d’anciens ultra motivés avait récolté des dons en suffisance pour couvrir les frais de location d’un second bâtiment, il semble que ce soit l’organisation trop compliquée des études sur deux sites qui ait mis un terme au projet. « La raison du déménagement n’est en aucun cas financière, on parle vraiment de logistique », nous assure Lydie Corcos, responsable financière et administrative. Cécile Fossoul, préfète des études, confirme : « L’initiative de « Maimo demain » était magnifique et cette expérience nous a appris que nous devions rester tous ensemble ».
Dans les coulisses, on va jusqu’à parler de conflits d’intérêts entre les secondaires et les primaires qui se sont sentis « abandonnés », craignant aussi que les nouveaux investissements ne profitent qu’aux grands, au détriment de Poincaré. Une promesse de changement non tenue ? Le déménagement à Beau-Site avait certes attiré quelques nouveaux élèves, mais ceux-ci ont décidé de rester à Maimonide en dépit de son retour à l’ancienne adresse. « Le quartier du midi est en pleine mutation et est même mieux desservi par les transports en commun que Louise », affirme Cécile Fossoul. « Les élèves qui nous ont découverts ont adhéré à notre enseignement et sont aujourd’hui nos meilleurs ambassadeurs ! La localisation n’a finalement que peu d’importance », soutient Lydie Corcos, tout en confiant que la recherche active d’un bâtiment qui pourra accueillir « tout le monde » est toujours en cours et semble déboucher sur quelques pistes concrètes. On n’en saura pas plus.
« Nous répondons encore à une demande »
Pour ce qui est de la situation présente, la dérogation dont bénéficie l’Athénée Maimonide vient une nouvelle fois de lui être accordée par la Fédération Wallonie Bruxelles, le mobilier scolaire de Beau-Site a déjà été rapatrié à Poincaré et la salle informatique est réinstallée. Le secondaire, qui conserve pour l’instant tous ses élèves, enregistre déjà 4 nouvelles inscriptions. Même constat à la crèche. « Nous avons plusieurs départs en primaires, mais qui n’ont rien à voir avec notre enseignement », relève Lydie Corcos. « La communauté juive de Bruxelles est en train de basculer et le climat que nous connaissons suscite des inquiétudes. Les familles qui nous quittent partent pour Israël… »
L’immersion en néerlandais pratiquée dès la 3e maternelle, mais aussi le nombre réduit d’élèves en classe semblent continuer de séduire certains. « On peut dire que nous misons sur la qualité plutôt que la quantité », sourit Lydie Corcos, qui souligne le dévouement du corps professoral, « avec un encadrement quasi parental et une atmosphère à nulle autre pareille ». « Nous répondons encore clairement à une demande », insiste Cécile Fossoul, qui se réjouit des bons résultats de sa rhéto. « Sur nos 9 élèves, 3 partent pour l’armée en Israël, 2 entament des études de médecine, 1 fait le droit, 1 les sciences éco, 1 la psycho et le dernier hésite encore. Cela reflète assez bien les choix des jeunes dans notre société ».
En ce qui concerne les lourdes dettes dont la presse avait fait l’écho fin 2012, « elles ont été fortement exagérées et se résorbent », nous assure la responsable financière. Aux rumeurs de fermeture de l’établissement, Lydie Corcos répond sans détour : « Cela fait 30 ans qu’on nous parle de fermeture, le dernier phare et rempart du judaïsme ne peut pas s’arrêter comme ça ! Nous sommes petits, mais bien vivants ! ».
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