Des manifestants pro-Hamas s’en prennent à une synagogue à Paris. Des manifestants d’extrême-droite s’en prennent à une manifestation pacifiste à Tel Aviv. Aucun rapport, sauf un certain état d’esprit.
Ce dimanche 13 juillet avait lieu à Paris une manifestation de soutien à la population de Gaza. Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le calme avec, comme le raconte, le journaliste du site « Rue 89 »*, « les slogans habituels dans ce genre de manif » :
« Israël assassin », « Nous sommes tous des Palestiniens », « Halte au massacre », « Non au blocus de Gaza », « Palestine vivra, Palestine vaincra ». Et comme souvent aussi, c’est lors de la dispersion, vers 18 heures, une centaine d’excités se sont heurtés à la police.
Les slogans sont devenus plus haineux. Selon un témoin : « Des jeunes au visage dissimulé par des keffiehs, brandissant des batte de base-ball ou des pierres couraient en criant des slogans pro-Hamas et des « Morts aux Juifs ». Ils ont ensuite tenté de pénétrer dans une synagogue toute proche, rue de la Roquette.
Il y a eu des bagarres avec le service d’ordre juif mais aussi avec des membres du mouvement d’extrême-droite, la « Ligue de Défense Juive »(LDJ) ** qui avait appelé à un rassemblement de soutien à Israël à cet endroit.
Les affrontements ont été violents jusqu’à ce que les CRS interviennent. Témoignage de Bernard Abouaf **: Je ne me souviens pas d’avoir, une seule fois dans ma vie, écrit un seul mot pour défendre la LDJ mais je peux vous dire que cet après midi, s’ils n’étaient pas là, la synagogue était dévastée avec toute la population à l’intérieur.
J’ai entendu une femme me dire « Je leur ai jeté une chaise à la figure, ces salauds ». J’ai vu Baba (c’est son surnom) hyper déterminé me dire « nilhamnou », « on a fait la guerre » et malheureusement, c’était vrai.
Et j’ai vu, quand on a ouvert les portes pour laisser sortir les gens, des Juifs avec le regard inquiet, j’en ai eu la chair de poule. Vraiment j’ai pensé à la seconde guerre mondiale ». La veille, le 12, vers 20h, très loin de là, avait lieu une autre manifestation***.
C’était à Tel Aviv, où quelques centaines d’Israéliens défilaient contre les bombardements sur Gaza. Très rapidement, ils ont été attaqués par plusieurs dizaines de militants d’extrême-droite parmi lesquels une vedette du rap israélien, Yoav Eliasi, surnommé « L’Ombre ».
Il y a avait aussi plusieurs membres du gang « La Familia », qui regroupe les plus violents et les plus racistes des supporters du club de football « Betar Jérusalem ». Insultes, coups, les affrontements ont été brefs et violents.
Les partis de gauche se plaignent de l’inaction de la police qui ne serait pas intervenue pour défendre les manifestants et n’a procédé à aucune arrestation parmi les agresseurs. Réponse du porte-parole du Ministre de la Sécurité publique, Yitzhak Aharonovitch (Israël Beteinu) :
Il n’y a pas eu d’arrestations parce qu’il n’y avait pas de raisons d’arrêter qui que ce soit vu que personne ne s’était plaint auprès de la police et que, de toute façon, les bagarres ont été interrompues par les sirènes d’une alerte aux missiles.
Un des manifestants, poursuivi jusque dans un café, a néanmoins dû être hospitalisé. On le voit, il n’y a aucun rapport entre ces deux manifestations sauf qu’elles se sont déroulées à peu près en même temps.
Il y en a d’ailleurs eu plusieurs autres en France, pro-Palestiniennes en général, la plupart du temps sans incidents. Et d’autres en Israël, soutenant en majorité l’action du gouvernement qui se sont déroulées dans le calme.
Restent donc ces minorités à l’état d’esprit destructeur. Celles qui usent de violence contre l’expression de pensées différentes des leurs et que seule la puissance publique empêche-la plupart du temps- d’aller jusqu’au crime.
Quelques soient leurs identités, leurs motivations, les causes qu’ils prétendent défendre, avec ou sans l’aide de leur Dieu, ils sont tous semblables : des criminels qui menacent l’esprit même de la démocratie.
Et tous, quel que soit leur camp, doivent être condamnés de même manière par ceux qui, même s’ils partagent leurs combats, refusent cette idée fausse, excuse de toutes les horreurs, qui veut que « la fin justifie les moyens. »
PS : On se souvient sans doute de Mohammad Abou Khdeir, le jeune Palestinien brûlé vif par des extrémistes juifs. Ce 8 juillet, les habitants de son village ont bâti un petit monument de pierre à l’endroit exact de la foret de Jérusalem où il a été tué.
Il a été détruit deux jours plus tard. De jeunes Israéliens, membres d’un mouvement de jeunesse, le Dror, l’ont reconstruit. Il vient à nouveau d’être détruit.
*http://rue89.nouvelobs.com/2014/07/13/heurts-a-paris-apres-manif-pro-palestinienne-253694
**Rédacteur en chef de Radio Shalom, la plus modérée des trois radios juives qui se partagent une fréquence à Paris
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