Paix à Gaza : le plan de Shaul Mofaz

A son tour, le très faucon Shaul Mofaz* semble avoir compris les limites de la force. Comme Itzhak Rabin ou Ariel Sharon avant lui, il a saisi qu’elle ne règle pas les problèmes mais qu’elle les déplace et les aggrave.  Mais son plan sera-t-il accepté par les uns et les autres ?

Selon Shaul Mofaz, « une fois réalisés les objectifs opérationnels d’Israël et lorsque le Hamas demandera un cessez-le-feu, l’opportunité s’offrira d’opérer un changement fondamental et de briser le cycle des combats ».

Ce changement fondamental serait un règlement à long terme « afin d’assurer la sécurité des citoyens israéliens et de préserve durablement leur tranquillité ». Pour cela, explique-t-il, « il faut une fin de partie différente, qui rétablisse la sécurité à long terme, et pas seulement dans l’avenir immédiat. ».  

Le plan de Sh. Mofaz, qu’il a déjà présenté au Premier ministre et dont il a soumis les détails au président du Conseil de sécurité nationale peut se résumer en une proposition principale : la démilitarisation de la bande de Gaza en échange d’une aide économique de 50 milliards $ (37 milliards €).

Dans le détail, du côté de Gaza, il faudrait supprimer roquettes,  missiles, etc. et neutraliser les « tunnels de la terreur » qui permettent aux terroristes de pénétrer en Israël

En échange, Israël fournirait à la population de Gaza « un ensemble d’aides économiques comprenant un budget de 50 milliards $ sur cinq ans, alloué aux infrastructures, à l’assistance et la sécurité sociale, à l’éducation et l’emploi ».

Mofaz explique qu’Israël en bénéficierait à de multiples égards : la fin des tirs et des agressions en provenance de la Bande mais aussi un « progrès sensible dans la légitimation de l’État d’Israël si les accords devaient être rompus du côté palestinien ».

« En contrepartie, poursuit –il, la situation de la population dans la bande de Gaza s’améliorera sensiblement. Par la suite, la politique d’ouverture des points de passages assouplirait, à condition que la sécurité perdure en Israël ».

D’après Mofaz, le désarmement de Gaza est aussi essentiel pour tout accord futur en Cisjordanie : « ce principe de démilitarisation doit être le fondement de tous les arrangements de sécurité à venir avec l’Autorité palestinienne.

Cette proposition constituera un cadre de référence pour tout arrangement régional à venir avec Mahmoud Abbas et les États arabes modérés ».  Et il invite le président de l’Autorité palestinienne, l’Égypte, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, etc. ainsi, bien sûr que les États-Unis,  à préciser les détails de l’accord et à s’y investir.

Enfin, l’ancien Ministre de la Défense propose qu’Israël lance d’ores et déjà une offensive de communication afin de rallier l’opinion internationale à l’idée d’un désarmement de Gaza « en termes de missiles, roquettes et « tunnels de la terreur».

*Shaul Mofaz : ancien chef d’état-major de Tsahal, ministre de la Défense de la Défense de 2002 à 2006, il est actuellement un des deux députés du parti Kadima qu’il préside

Ce texte est basé sur un article paru sur le site Ytnet (http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4542622,00.htm) et la traduction en a été assurée par nos amis de Shalom Archav :  http://www.lapaixmaintenant.org/Subventions-versus

 

 

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