Au tribunal rabbinique d’Ashdod, pendant les tirs de roquettes, la ségrégation hommes-femmes continue : un abri sécurisé pour les premiers, une salle normale pour les secondes.
Ashdod, une cité portuaire située à moins de 30 km de la bande de Gaza a le triste privilège d’être une des villes les plus visées par les tirs de roquettes. C’est donc en toute logique qu’un couple se rendant au tribunal rabbinique de la ville, a commencé par y chercher l’emplacement de l’abri.
Surprise : des panneaux indiquent qu’en cas d’aleter, hommes et femmes doivent suivre des chemins différents. La femme raconte : « Après une courte recherche, nous avons réalisé que celui de mon mari menait à une pièce sécurisée, dotée d’une pancarte en interdisant l’entrée aux femmes »
« Nous avons alors été voir où je devais me rendre de mon côté : c’était dans une des salles normales, dénuée de protection particulière ». Prévenue, la députée travailliste Stav Shafir dépose plainte en justice et auprès du ministère des Affaires religieuses
« Tout le monde a le droit de défendre ses croyances , explique-t-elle, mais pas aux dépens de la sécurité des autres. La discrimination envers les femmes est déplacée dans tous les cas, mais lorsque cela les empêche de se protéger, c’est plus qu’incorrect, c’est dangereux ».
L’Administration des Tribunaux rabbiniques a immédiatement ordonné de retirer les panneaux. Elle en a rejeté la responsabilité sur « les initiatives privées d’un employé ignorant la gestion » et affirmé qu’elle prendrait des sanctions disciplinaires.
Une réaction rapide qu’a apprécié Elana Maryles Sztokman, directrice de la Jewish Orthodox Feminist Alliance** dont le livre « Isaël : La guerre contre les femmes » devrait paraître sous peu. Mais elle précise :
« La ségrégation dans les abris n’est qu’un exemple des efforts pour créer des espaces totalement interdits aux femmes en Israël. . Il y a toutes sortes de ségrégation et de discrimination de ce genre mais est particulièrement frappant à cause de danger de mort qu’il fait courir ». Et de conclure :
« Le fait qu’un bureaucrate mette de tels panneaux sans même y réfléchir montre simplement à quel point la ségrégation de genre s’est développée dans l’esprit des gens d’ici. C’est devenu tellement banal que c’en est effrayant »
*http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4544494,00.html
** Jewish Orthodox Feminist Alliance : comme son nom l’indique, il s’agit d’un mouvement interne au judaïsme orthodoxe qui y défend une approche une iterprétation moins sexiste de la loi juive.
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