Stéphane Aisinber : ‘L’enfant debout’

Le vendredi 17 octobre 2014 à 20h30, Stéphane Aisinber montera sur les planches du CCLJ pour vous présenter son tout nouveau spectacle : « L’enfant debout ». Un spectacle burlesque et très comique doté de personnages truculents et parfois bouleversants. Un bel hommage familial teinté d’humour juif, comme on l’aime.

Stéphane Aisinber, sans « g ». Son nom vous dit peut-être quelque chose. En mai 2013, il se produisait au Kings of Comedy Club, temple de l’humour dédié aux jeunes artistes à Ixelles, dans un spectacle intitulé «  Où est mon G ? », recueil d’histoires personnelles qu’il jouera une fois par semaine pendant six semaines devant près de 700 personnes. Une première expérience pour cet homme qui a décidé à 45 ans de changer de vie, après vingt ans dans l’internet. « Et un premier succès : celui déjà de monter sur scène, d’aller au bout de mon projet », estime-t-il.

Pur produit juif bruxellois, comme il se définit, avec des parents commerçants dans le triangle, Stéphane Aisinber a toujours été bon pour les blagues et les petits spectacles, aussi bien à la présentation des messibot que l’animation des fêtes familiales. Il fêtera ses 31 ans au Théâtre de la Toison d’Or en proposant à ses amis un one-man-show de sa patte. « C’était le bon moment, j’aurais dû continuer », affirme-t-il. « J’ai toujours été un peu le comique de service. Je suis donc enfin revenu à ce que j’ai toujours voulu faire : écrire et jouer ».

Avec le recul, Stéphane Aisinber considère que commencer plus tard constitue peut-être un plus : « J’ai partagé mon expérience avec des jeunes comédiens, j’ai une plus grande expérience de vie, ce qui me permet un contenu plus riche ». Le rire gratuit, en effet, ce n’est pas son truc. « On peut d’ailleurs aussi faire rire avec des histoires tragiques », note-t-il. Le propre de l’humour juif. « Quoi de plus chouette que de rire aux larmes après avoir pleuré. Etre triste fait partie de la vie et la rend plus complète ».

S’il risque de surprendre ceux qui ne l’attendaient que sur du comique, Stéphane Aisinber assume sa volonté de vouloir « crever l’abcès », de se libérer d’une certaine manière du poids de l’histoire familiale. « Il y a tellement de non-dits, de Shoah, d’enfants cachés, de Juifs errants, d’histoires juives… c’est parfois compliqué de mettre des mots. J’ai appris beaucoup sur ma famille en faisant ce spectacle », confie celui qui joue sur scène son propre rôle, « même si j’ai ajouté ou éliminé certaines couches », admet-il. « C’est d’ailleurs sur scène que je me sens le plus libre ! »

Des anecdotes cocasses et réelles…

Inspiré par Desproges, Woody Allen, Louis C.K. ou Gaspard Proust et même Jan Fabre, dans un tout autre registre, l’acteur a souhaité revenir pour son second spectacle sur des questions de société qui interpellent. « Moins juif, sans pour autant être goy », il y sera question d’histoire familiale, d’identité, et même… de géographie. « Je me suis aperçu que les 15 lieux où j’avais vécu se résumaient à 12 kilomètres de rayon », pointe-t-il. « Moi qui me croyais ouvert et souffre de la communautarisation, je me suis installé dans un véritable ghetto ! »

Le spectacle se découpe en une série de numéros « tout à fait autobiographiques », certains d’entre eux muets, accompagnés de mime, de musique, et d’interventions multimédias, « parce qu’une image est parfois plus parlante », assure l’acteur. De l’histoire de son grand-père paternel venu de Biélorussie avec sa grande cicatrice en travers du front à celle de sa grand-mère rencontrée à Alger, en passant par la Légion étrangère et d’autres anecdotes des plus cocasses, « L’enfant debout » rend hommage « à toutes celles et ceux qui doivent rester debout parce ce qu’ils n’ont pas le choix alors qu’ils rêveraient certainement de pouvoir se mettre à genou », assure Stéphane Aisinber.

Ayant grandi au CCLJ, l’enfance baignée « dans la grande époque des Susskind-Knoblauch », Stéphane Aisinber se dit ravi de jouer le 17 octobre prochain sur la scène de celui-ci, espérant qu’elle constituera un tremplin pour la suite de sa carrière. A coup sûr on rira, très certainement on s’émouvra. Parce que Stéphane Aisinber ne se prend pas au sérieux et croit au pouvoir de l’autodérision. « Il y a assez de matière chez moi pour ne pas me foutre des autres. Je ne blesse donc que moi… ou ma mère ».

Infos et réservations : 02/543.02.70 ou info@cclj.be

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