Ce n’est pas en assimilant Charles Michel au maréchal Pétain ni en se drapant des attributs du résistant prenant le maquis qu’on réussira à mener un combat efficace contre la N-VA.
Qui ignore encore que la N-VA, héritière de la Volksunie (VU), puise ses racines dans la collaboration flamande avec l’occupant nazi ? Personne. La multiplication des incidents causés par des personnalités de la N-VA ou même du CD&V en ce qui concerne les collaborateurs flamands et leur répression après 1945 ont suffisamment marqué les esprits, tant côté flamand que côté francophone.
Comme l’indique à juste titre dans les colonnes du Soir (16 octobre 2014) l’historien Bruno De Wever, spécialiste du mouvement flamand et de la collaboration, « il est évident que l’opposition francophone manipule l’Histoire. C’est du jeu politique ». Il est vrai, et de nombreux journaux prennent soin de le rappeler, qu’en juillet 2010 le Président du PS Elio Di Rupo déclarait que « l’amnistie peut faire l’objet d’une discussion approfondie, dans un cadre serein, après la formation du gouvernement ». Pire, des anciens SS flamands membres de la VU ont participé dans les années 1970 à des coalitions gouvernementales avec le « francophonissime » FDF et le PS ! C’est la raison pour laquelle les nombreuses attaques visant le Premier ministre Charles Michel traduisent une bonne dose de mauvaise foi. C’est le jeu politicien, il ne faut pas en être dupe.
En revanche, certains journalistes de la blogosphère feraient bien de revoir leur classique en matière d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, cela leur permettrait de ne pas commettre d’amalgame grossier. Ainsi, Marcel Sel compare sur son blog Charles Michel au maréchal Pétain ! On atteint bientôt le point de Godwin. Et contrairement à ce qu’il prétend, le Premier ministre actuel n’a jamais minimisé la collaboration flamande. Même s’il ne l’a pas fait rapidement, Charles Michel a condamné publiquement et solennellement la collaboration avec l’occupant allemand.
Ne soyons pas naïfs, les déclarations troubles et ambiguës de personnalités de la N-VA à propos de ce passé collaborationniste ne vont pas s’arrêter aujourd’hui. Tout comme ils continueront d’honorer la mémoire de leurs « héros » compromis dans la collaboration la plus abjecte. Tout cela fait partie de l’ADN du nationalisme flamand.
Pour lutter contre la N-VA, les francophones devraient ne pas commettre l’erreur de se présenter comme les résistants prenant le maquis face aux fascistes flamands. Il serait plus judicieux de renforcer cette majorité de Flamands qui ne votent pas pour la N-VA. C’est la seule chose à faire pour que la Flandre puisse se confronter à ce passé qui ne passe pas et procéder à un examen de conscience en bonne et due forme. Ce n’est pas une tâche impossible. Il suffit de se tourner vers l’Allemagne où la classe politique de ce pays a clairement tiré les leçons du passé nazi. Dans ce pays, les plus conservateurs de la CDU ne se perdent dans des commémorations d’anciens SS. C’est inimaginable. Qu’on en fasse autant en Flandre où l’on a tendance à oublier qu’il y avait aussi des résistants au nazisme dont on pourrait aussi honorer la mémoire, ils le méritent.
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